En plein milieu de la crise aiguë qui frappe Cuba, Miguel Díaz-Canel a déchargé ce mercredi sur les gouvernements municipaux la responsabilité d'offrir une "amélioration" à la population, en réclamant des résultats visibles lors d'une visite dans les municipalités havanaises de Regla et Guanabacoa.
Le dirigeant a promis aux gouvernements locaux une autonomie sans précédent : « Vous aurez toute l'autonomie nécessaire pour gérer les exportations, les importations, les investissements étrangers dans la municipalité, les investissements des Cubains résidant à l'étranger ».
«La responsabilité sociale de tous les acteurs économiques doit immédiatement nous fournir des niveaux de production et de service qui améliorent l'offre à la population et qui améliorent la relation de pouvoir d'achat, c'est-à-dire la relation entre les prix et les salaires», a souligné.
Le discours révèle une stratégie claire : déléguer aux municipalités la tâche de générer une amélioration tangible pendant que le gouvernement central ne s'attaque pas aux problèmes structurels.
En parallèle, Díaz-Canel a exigé aux autorités de La Havane « de mettre des personnes compétentes » à la tête des territoires, et Morales Ojeda a admis des dénonciations de corruption dans le secteur.
Le dirigeant impopulaire était accompagné par Roberto Morales Ojeda, membre du Bureau politique et secrétaire à l'organisation du Comité central du Parti communiste, ainsi que par les plus hautes autorités provinciales. La visite dans les 15 municipalités de la capitale a commencé le 30 juin et n'est pas encore terminée.
Le contexte de ces visites a été révélé le 17 juillet, lorsqu'une diapositive projetée par erreur sur Canal Caribe a montré que les visites aux Conseils de Défense répondent à un plan de «actions pour éviter un soulèvement social», encadré dans la Directive No. 2 du Conseil de Défense Nationale.
La pression sociale est réelle : l'Observatoire cubain des conflits a enregistré 1 311 manifestations en mai 2026 et 107 en juin, la crise électrique étant le principal déclencheur.
Cuba a accumulé cinq coupures de courant nationales totales depuis le début de l'année ; celle du 6 juillet a laissé sans électricité environ 9,6 millions de personnes.
Les 176 transformations économiques approuvées en juin incluent l'augmentation du salaire minimum de 2 100 à 3 210 pesos, l'autorisation de banques et de bureaux de change privés, et la suppression de la libreta universelle.
Cependant, aucune de ces mesures n'a encore atténué la crise énergétique ni la détérioration du pouvoir d'achat des Cubains.
Díaz-Canel a encore deux municipalités havanaises à visiter avant de conclure la tournée, au cours de laquelle les territoires devront prouver qu'ils sont les principaux responsables de l'efficacité des réformes.
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