Un enfant nommé Emmanuel parcourt chaque jour les rues du chemin de La Havane, à Sancti Spíritus, portant les bonbons que sa mère Yuraima prépare à la maison pour qu'il les vende.
Son histoire a été portée sur les réseaux sociaux grâce à l'activiste Yureibys Torresilla, qui a publié un récit émouvant sur Facebook avec un appel direct à la solidarité citoyenne.
Torresilla raconte qu'il a longtemps vu le jeune passer avec sa charge : « Il y a des moments où je le vois très fatigué sur le chemin, comme s'il voulait crier pour que quelqu'un achète tous ses bonbons et rentre chez lui », a-t-il écrit.
Ce mercredi, elle a décidé d'agir : elle a acheté les 38 bonbons qu'Emmanuel n'avait pas réussi à vendre, à 120 pesos chacun, et a payé 5,000 pesos en lui laissant la monnaie. Mais le geste ne s'arrête pas là.
L'activiste a accompagné l'enfant jusqu'à chez lui et a rendu les petits gâteaux à Yuraima pour qu'elle n'ait pas à en préparer de nouveaux le lendemain.
«Je lui ai acheté 38 bonbons à 120 pesos, mais je suis rentré avec lui chez lui pour que sa mère reçoive les mêmes bonbons que je lui ai achetés, afin qu'elle n'ait pas à en préparer demain», a expliqué.
Avec l'argent reçu, Emmanuel pourrait acheter de la nourriture. «Aujourd'hui, Emmanuel peut acheter une boîte d'œufs pour peut-être prendre son petit-déjeuner», a souligné Torresilla, qui a conclu son post par une phrase résumant la dureté de la scène : «Il y a des moments où je reste sans mots».
L'activiste reconnaît que la situation de cet enfant n'est pas un cas isolé. « L'histoire d'Emmanuel n'est pas unique à Cuba, ici à Sancti Spíritus, mais la manière dont ce garçon s'exprime me touche, comme s'il avait déjà vécu une vie alors qu'il n'est qu'au début », a-t-elle écrit.
Son appel est clair : « Si tu vois Emmanuel par ici, achète-lui au moins un bonbon, ainsi son fardeau devient plus léger. »
Le cas d'Emmanuel s'inscrit dans un phénomène qui s'est intensifié avec la crise économique. L'organisation Food Monitor Program a alerté en 2025 que le travail infantile se développe à Cuba au milieu d'une crise socioéconomique et migratoire.
De plus, il a souligné que les enfants qui vendent des aliments dans les rues de Cuba s'exposent à la violence et à la précarité, au milieu d'une crise croissante qui les pousse à assumer des tâches d'adultes.
Des cas similaires ont été documentés dans différentes provinces : un garçon de 10 ans vendait des coquitos dans la rue en juin dernier ; Joelis, âgé de 14 ans, vendant des polvorones dans un parc de Santiago de Cuba en avril ; et un garçon de 11 ans ramassait des canettes à l'aube à Camagüey ce même mois.
Archivé dans :