Les Cubains demandent une solution à Cárdenas : « Les déchets s'accumulent à quelques mètres de la maison »

Déchets dans la rue de CárdenasPhoto © Facebook / Christian Arboláez

Monticules de déchets bloquant des rues entières, souris à l'intérieur des habitations, fumée de brûlages improvisés... c'est la réalité à laquelle font face les habitants du quartier Biplanta à Cárdenas, Matanzas, comme l'a dénoncé sur Facebook le journaliste citoyen Christian Arboláez.

La publication, qui comprend quatre photos, montre des déchets de toutes sortes -cartons, sacs plastiques, débris, matière organique en décomposition, branches et meubles hors d'usage- accumulés sur plusieurs pâtés de maisons entre des immeubles résidentiels.

Photo : Facebook / Christian Arboláez

Les déchets occupent pratiquement l'intégralité des trottoirs et une partie de la chaussée.

Photo : Facebook / Christian Arboláez

Les résidents signalent que le problème a dépassé l'aspect esthétique pour devenir une vraie urgence sanitaire : la prolifération de rongeurs et d'insectes a atteint l'intérieur des maisons, et en l'absence de ramassage, une partie des déchets finit par être brûlée, générant une fumée qui affecte ceux qui vivent aux alentours.

Photo : Facebook / Christian Arboláez

À cela s'ajoute une crise de l'eau qui dure depuis des mois. Certains voisins ont dû creuser des puits comme alternative, avec la préoccupation que ces eaux puissent être contaminées. À la mi-août, une panne électrique dans le champ de puits de Smith Comas avait privé 70 % de la ville de Cárdenas de son approvisionnement pendant plusieurs jours.

Arboláez a été direct dans son questionnement aux autorités : « Il n'y a pas de carburant pour les équipements des Communales ? Il n'existe pas de moyens ? Ou le carburant apparaît pour d'autres choses, même pour se promener et sortir, mais pas pour résoudre un problème sanitaire qui est devant les maisons ? ».

Captura de Facebook / Christian Arboláez

Les personnes concernées affirment avoir contacté les services communautaires, la Santé publique, le gouvernement local et les représentants de la région sans obtenir de réponse efficace. « Ici, il ne s'agit plus seulement de saleté. Nous parlons de santé, d'eau et de conditions minimales de vie », a écrit le journaliste.

La réaction des lecteurs sur le post a été frappante. « Sans mots, et sans solution. C'est l'ABC de Cuba », a écrit un internaute. Un autre a souligné : « Préoccupation pour les autorités concernées ? NULLE ! Préoccupation pour la santé du peuple ? Absolument AUCUNE ! ». Un troisième a résumé sévèrement : « Je pensais que c'était le Népal, que Dieu me pardonne ».

«C'est désolant de voir l'état de Cárdenas et qu'aucune solution ne soit apportée. Que sont-ils en train d'attendre, que les voisins paient le carburant pour que les déchets soient ramassés ? » a conclu un autre commentaire, qui résume l'indignation de ceux qui attendent depuis des mois une réponse qui ne vient pas.

La situation du Biplanta n'est pas un cas isolé. En mai, les autorités municipales de Matanzas ont reconnu que seulement 11 des 24 camions de collecte disponibles étaient opérationnels, avec une allocation quotidienne de seulement 300 à 550 litres de diesel, bien en dessous des 112 litres par véhicule nécessaires pour effectuer deux tournées. En juin, une décharge improvisée au centre de Cárdenas a pris feu et a nécessité l'intervention des pompiers.

La crise de la collecte des déchets aggrave la situation sanitaire.

Depuis avril, les autorités provinciales ont émis des alertes concernant des foyers d'hépatite A à Cárdenas, avec des cas actifs dans le quartier La Marina. En juin, Matanzas concentrait 40 % de l'accumulation annuelle provinciale d'hépatite et Cárdenas figurait parmi les municipalités en alerte simultanée pour la dengue.

Vidéos associées :

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.