Le régime cubain donne son feu vert pour créer des chaînes de magasins et de restaurants, mais... impose ses règles

Gens dans la rue Obispo, à La Havane (Image de référence)Photo © CiberCuba

Le régime cubain a publié ce vendredi dans le Journal officiel un paquet normatif qui réorganise le commerce intérieur de l'île et autorise expressément la création de chaînes de magasins, de restaurants et de réseaux gastronomiques à travers tout le pays, selon les informations de l'agence EFE.

L'instrument central est le Décret 167 «Du Commerce Intérieur», approuvé par le Conseil des Ministres le 7 août et publié dans le Journal Officiel n° 69 Ordinaire le vendredi 28 août.

La norme a été présentée par la ministre du Commerce intérieur, Betsy Díaz Velázquez.

Que dit le Décret 167 ?

Parmi ses objectifs déclarés, le décret propose « d'organiser et de moderniser le commerce intérieur ; d'améliorer les activités commerciales des acteurs économiques et de renforcer et d'encourager les alliances entre eux ». Il vise également à promouvoir une concurrence loyale et à optimiser les chaînes d'approvisionnement.

Un des points les plus marquants est que la norme permet la commercialisation de biens et de services sur le marché intérieur « tant en pesos cubains qu'en devises », formalisant une dualité monétaire qui opérait déjà dans la pratique.

Un nouveau classificateur de commerces

À côté du décret, le Ministère du Commerce Intérieur (MINCIN) a publié la Résolution 23/2026, qui crée un nouveau classificateur des établissements commerciaux avec trois catégories selon la qualité et le confort : Haut Niveau, Niveau Moyen et établissements de proximité ou de quartiers.

La résolution définit également des types d'entreprises selon l'activité : vente de marchandises —marchés, minimarchés, magasins spécialisés, boutiques en ligne, boulangeries—, services de restauration, services personnels, techniques et d'hébergement.

Exigences techniques et paiement électronique obligatoire

La Résolution 24/2026 établit six exigences techniques générales pour toutes les personnes physiques et morales —cubaines ou étrangères— qui exercent des activités commerciales.

Le premier oblige à « disposer de canaux de paiement électronique pour la commercialisation de biens et services et garantir l'accès à ces moyens pour les consommateurs et clients ».

Les établissements devront également posséder des licences valides et un identifiant visuel qui reflète le type d'acteur économique.

Tarifs en dollars pour les démarches commerciales

Le Ministère des Finances et des Prix (MFP) a publié dans la même Gazette la Résolution 195/2026, signée par le ministre Vladimir Regueiro Ale, qui établit des tarifs maximaux en dollars pour les démarches de licence commerciale :

- 70 dollars par billet d'entrée.

- 500 pour l'inscription ou la réinscription.

- 200 pour des permis temporaires.

- 370 pour mise à jour d'inscription.

- 450 pour un duplicata.

- 260 pour certificats.

La Gaceta No. 69 comprend également le Décret-Loi 129/2026, qui abroge la norme précédente sur la saisie de marchandises, ainsi que la Résolution 15/2026, qui assouplit le commerce de gros et rouvre ce marché aux mipymes privées et aux coopératives non agricoles.

Partie des 176 réformes économiques

Tout cet ensemble réglementaire s'inscrit dans les 176 réformes économiques et sociales approuvées par l'Assemblée Nationale en juin 2026 et présentées par le Premier ministre Manuel Marrero Cruz.

Selon les informations fournies par le gouvernement lui-même, 134 de ces 176 réformes —soit 76,1%— disposent déjà d'un soutien juridique publié.

Le paquet comprend également la suppression du plafond de 100 travailleurs pour les mipymes, l'ouverture à la banque privée et l'autorisation de franchises étrangères de produits alimentaires.

Réformes au milieu d'une profonde crise

L'annonce intervient alors que Cuba enregistre une contraction économique d'environ 15 % entre 2020 et 2025, aggravée depuis janvier 2026 par les restrictions pétrolières imposées par l'administration Trump et les nouvelles sanctions de Washington.

La rhétorique officielle sur la modernisation contraste avec les mises en garde des économistes indépendants.

L'économiste cubain Pedro Monreal a qualifié les 176 mesures de « monstre, peut-être bien intentionné » et en août, il a souligné que le plan « n'a réussi qu'à démontrer » que ses promoteurs « n'ont rien appris », car l'apparente réorientation libérale s'est estompée en moins de deux mois, sans garanties structurelles qui la soutiennent.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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