La police cubaine saisit des médicaments vendus illégalement dans un quartier de Santiago de Cuba

MédicamentsPhoto © Image améliorée par IA

Un opération de la Police Nationale Révolutionnaire (PNR) dans le quartier Sueño, à Santiago de Cuba, s'est terminée par la saisie de plusieurs médicaments qui seraient commercialisés de manière illégale, selon ce qu'a rapporté vendredi le site officiel « Santiago de Cuba Hoy », lié au MININT.

Selon les informations divulguées par les autorités, parmi les produits saisis, il y avait des médicaments de production nationale et de vente contrôlée dans le réseau des pharmacies d'État.

«Les personnes impliquées n'ont pas pu justifier légalement l'origine des produits», a indiqué la source officielle, sans préciser le nombre de personnes arrêtées ni leurs identités.

Les images de l'opération montrent un grand nombre de plaquettes, de boîtes et de pilules de différentes couleurs éparpillées sur une table, dans ce qui semble être un environnement domestique. Parmi le texte partiellement lisible sur les emballages, on aperçoit l'abréviation « BICA », qui pourrait correspondre à la Bicalutamide, un médicament soumis à prescription.

Publication sur Facebook

Les autorités ont indiqué que l'enquête se poursuit pour déterminer l'origine des médicaments et s'il y a d'autres personnes liées à l'affaire.

L'opération n'est pas un fait isolé. En février de cette année, la PNR avait déjà effectué une autre saisie contre la vente illicite de médicaments dans les 18 Usines de Garzón, également à Santiago de Cuba, ce qui a suscité des réactions sur les réseaux sociaux.

Le schéma se répète sur toute l'île. En juin dernier, deux femmes ont été arrêtées à Holguín pour le même délit ; en décembre 2025, sept personnes ont été interpellées à La Havane ; et en octobre de la même année, un tribunal de Villa Clara a condamné à six ans de prison un accusé de vente illégale de médicaments et de fournitures médicales, dont le tramadol et la diphénhydramine.

Derrière ces opérations se cache la crise pharmaceutique la plus grave que Cuba ait connue en plusieurs décennies. En avril de cette année, seulement 30 % des médicaments du tableau de base national —190 sur 651— étaient disponibles dans les pharmacies d'État.

En août dernier, Ciego de Ávila a signalé un déficit de 457 médicaments hors de portée de son réseau pharmaceutique local. En février, les autorités de Villa Clara ont reconnu qu'il manquait 368 des 636 médicaments du tableau de base et que «toutes les familles pharmaceutiques sont affectées».

Cette pénurie chronique pousse la population à recourir au marché informel, où les médicaments circulent sans contrôle sanitaire et à des prix abusifs, avec un risque d'adultération.

Le Centre de Contrôle des Médicaments de l'État (CECMED) a émis des alertes concernant des médicaments falsifiés ou adulterés en circulation.

Le régime a effectué plus de 5 000 inspections et opérations conjointes entre le MINSAP et le MININT, mais ces opérations ne résolvent pas la cause structurelle du problème : le manque d'approvisionnement soutenu que la dictature n'a pas pu — ni voulu — corriger depuis des décennies.

Sous le Code pénal cubain en vigueur, la vente illicite de médicaments contrôlés peut entraîner des peines de prison allant jusqu'à 10 ans, et des sanctions encore plus sévères si les médicaments sont classés comme stupéfiants ou psychotropes.

Vidéos associées :

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.