
Le président américain Donald Trump a demandé ce mardi à son homologue russe, Vladímir Poutine, une fin rapide des hostilités en Ukraine, lors d'une conversation téléphonique d'une heure que les deux dirigeants ont qualifiée de « positive », la première depuis le 4 juillet dernier.
La demande est arrivée en tant que suivi direct de la tournée diplomatique du week-end des envoyés de la Maison Blanche, Steve Witkoff et Jared Kushner, qui ont visité Moscou et Kiev dans le but de relancer des négociations de paix paralysées depuis février de cette année.
Selon Yuri Ushakov, conseiller en politique internationale du Kremlin, Trump « a clairement exprimé l'idée qu'il serait souhaitable que le conflit prenne fin rapidement, ce qui ouvrirait immédiatement la voie à un rétablissement complet des relations entre les États-Unis et la Russie ».
Le président américain a également exprimé son intérêt personnel à ce que cette avancée se concrétise durant son mandat, qui se termine en janvier 2029.
Pour sa part, Poutine a détaillé à Trump les étapes que Washington pourrait « réellement » suivre pour parvenir à un cessez-le-feu dans un conflit qui dure déjà plus de quatre ans et demi depuis son début en février 2022.
Le leader russe a également profité de l'appel pour écarter toute menace envers le continent européen : selon Ushakov, Poutine a souligné que « nous n'avons même pas envisagé de plans d'agression à l'égard de l'Europe », en réponse aux tensions croissantes avec plusieurs pays de la région.
Les deux dirigeants ont convenu que les contacts diplomatiques se poursuivront, et Washington garde l'espoir de convoquer bientôt une réunion tripartite similaire à celle qui a eu lieu à Genève en février dernier.
Cependant, l'optimisme diplomatique se heurte à la réalité sur le terrain. Après une trêve de 72 heures convenue entre la Russie et l'Ukraine coïncidant avec l'arrivée des envoyés à Moscou, les deux parties ont repris ce mardi les attaques contre leurs capitales respectives sans que les discussions n'aient produit de résultats concrets.
Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a clairement exprimé la position de Moscou à ce sujet : « Combats et diplomatie. Je ne vois aucune raison pour laquelle ils ne pourraient pas se dérouler en parallèle et simultanément, comme cela a été le cas dans l'histoire ».
Lavrov a justifié cette position par le «tromperie» dont Moscou affirme avoir été victime en 2022, lorsqu'il a retiré des troupes des environs de Kiev comme «geste de bonne volonté» et que Kiev a ensuite rejeté de sceller la paix selon les conditions négociées. «Cette politique est toujours d'actualité aujourd'hui», a-t-il insisté.
Les experts indépendants préviennent que Poutine a durci sa position ces derniers mois et ne négociera pas sérieusement tant qu'il n'aura pas consolidé le contrôle total du Donbass, un objectif que le Kremlin espère atteindre avant la fin de l'année, mais que les analystes jugent improbable avant l'hiver.
En parallèle de l'appel Trump-Poutine, la Hongrie a expulsé ce mardi 10 diplomates russes pour avoir mené ce qu'elle a qualifié d'« activités inacceptables », tandis que l'Allemagne maintient son accusation contre Moscou en raison d'un incident avec un drone à l'aéroport de Leipzig en août dernier, des tensions que Poutine a liées au processus électoral allemand.
Le Kremlin, pour sa part, a annoncé une possible réunion trilatérale entre Poutine, Xi Jinping et Trump prévue pour novembre, ce qui pourrait marquer la prochaine étape dans le processus de paix.
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