Le régime cubain révoque la liberté conditionnelle d'un prisonnier du 11J libéré

Le régime cubain a révoqué la liberté de Jaime Firdó, prisonnier du 11J, après avoir refusé d'être un informateur. Sans raisons claires, son cas met en évidence le manque de transparence dans la libération des opposants.


Le régime cubain a révoqué la liberté conditionnelle du prisonnier politique Jaime Alcides Firdó Rodríguez, libéré le 19 janvier 2025, comme résultat d'un accord facilité par le Vatican.

Firdó Rodríguez avait été condamné à sept ans de prison pour avoir participé aux manifestations pacifiques de masse qui ont éclaté à Cuba en juillet 2021. Depuis le 1er avril, il est détenu dans l'unité policière du Capri, à La Havane, en attente d'être transféré en prison, selon informations publiées sur les réseaux sociaux par le centre de conseil juridique Cubalex.

La mère du jeune homme a informé cette organisation que son fils avait été convoqué plusieurs fois par un agent de la Sécurité de l'État, identifié comme Ariel, qui avait tenté de le transformer en informateur, mais le prisonnier politique a refusé.

"En refusant, il a été menacé d'annulation de sa libération conditionnelle", a raconté Yuneisy Rodríguez García dans une vidéo.

Jusqu'à présent, les proches du prisonnier n'ont reçu aucun document officiel expliquant les raisons de la révocation ni démontrant un manquement aux conditions établies. "Cette absence totale de transparence accentue l'arbitraire du processus", a dénoncé Cubalex.

Mon fils a été révoqué, parce qu'ils disent qu'il y a une dénonciation contre lui, et ils ne veulent pas dire qui le dénonce et pourquoi, a expliqué la mère.

Ce cas constitue le premier revirement de la libération conditionnelle que le régime a entamée en janvier suite à la décision de l'administration Biden d'exclure Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme.

En mars, la Cour Suprême Populaire (TSP) de Cuba a annoncé l'achèvement du processus après la "libération" de 553 détenus, et la vice-présidente de cet organe a assuré que le procédé s'est terminé de manière "réussie" et a été divisé en deux phases : 378 demandes approuvées en janvier et 175 en février.

Cependant, la mesure n'a pas constitué une libération totale. Les autorités ont souligné que les bénéficiaires ont reçu une "libération anticipée" et qu'ils continuent de purger leur peine sous certaines conditions.

Parmi les mesures de contrôle des personnes libérées, il y a la comparution obligatoire régulière devant un juge et le respect des sanctions accessoires. En cas de non-respect, le bénéfice pourrait être révoqué et les détenus retourneraient en prison.

Datos recueillis par l'organisation Justicia 11J indiquent que 202 personnes libérées sont des prisonniers politiques. Une liste contient les noms de chacun d'eux.

Une quantité significative des personnes libérées sont des détenus ordinaires. Il n'existe pas de chiffres officiels permettant de connaître la proportion exacte, mais les témoignages recueillis suggèrent que la majorité des bénéficiaires de la mesure du régime n'étaient pas des prisonniers de conscience.

Le gouvernement cubain s'est contenté de signaler que les 553 bénéficiaires avaient été condamnés pour "divers délits" sans préciser le type d'infractions commises. L'Observatoire cubain des droits de l'homme a augmenté le chiffre avec de nouvelles données et a indiqué que seuls 212 des libérés sont des prisonniers politiques.

Questions fréquentes sur les révoqueries de libertés conditionnelles à Cuba et le contexte politique

Pourquoi la libération conditionnelle de Jaime Alcides Firdó Rodríguez a-t-elle été révoquée ?

La liberté conditionnelle de Jaime Alcides Firdó Rodríguez a été révoquée après qu'il ait refusé de devenir informateur du régime cubain. Selon sa mère, il a été convoqué plusieurs fois par la Sécurité de l'État et en refusant, il a été menacé de révocation de sa liberté conditionnelle. À ce jour, les membres de sa famille n'ont pas reçu de documentation officielle expliquant les raisons de cette décision.

Quelles conditions doivent remplir les excarcérés à Cuba pour maintenir leur liberté ?

Les personnes libérées à Cuba doivent respecter certaines conditions, comme se présenter régulièrement devant un juge et remplir des sanctions accessoires, afin de maintenir leur liberté. En cas de non-respect de ces conditions, le bénéfice de la libération peut être révoqué. Les conditions peuvent inclure l'obligation de s'engager dans des études ou un emploi si elles en sont capables.

Quel était le contexte politique derrière les libérations de prisonniers à Cuba en 2025 ?

Les libérations à Cuba en 2025 ont fait partie d'un accord médié par le Vatican et coïncident avec l'exclusion de Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme par l'administration Biden. Ce processus a inclus la libération de certains manifestants du 11J, bien que la majorité des libérés soient des prisonniers communs. Les organisations de droits de l'homme ont critiqué le manque de transparence et l'absence d'une libération totale des prisonniers politiques.

Combien de prisonniers politiques ont été libérés à Cuba et dans quelles conditions ?

À Cuba, on estime qu'environ 212 prisonniers politiques ont été libérés sous des conditions restrictives. Selon les données de l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme, parmi les 553 détenus libérés, seule une fraction étaient des prisonniers politiques. Les libérés continuent d'être sous surveillance et doivent respecter des engagements légaux, ce qui fait que leur liberté n'est ni complète ni garantie.

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