Chronique d'un salaire saigné à blanc : Ainsi s'évaporent 4 400 pesos à Cuba

Un infirmier cubain montre sur les réseaux comment il dépense son salaire mensuel de 4 410 pesos en seulement quelques produits de première nécessité comme des haricots, des œufs et du dentifrice.


Dany Belett commente qu'il est infirmier à Cuba et que son salaire mensuel ne dépasse pas 4 410 pesos cubains (CUP).

Dans une vidéo qu'il a partagée sur les réseaux sociaux, le jeune documente comment cet argent s'évapore en quelques achats indispensables pour la vie quotidienne. Son cas est le reflet d'une réalité que des millions de Cubains affrontent chaque mois.

La première escale a été aux produits d'hygiène. Un tube de dentifrice a coûté 800 pesos, soit presque un cinquième du salaire. À cela se sont ajoutés les haricots à 400 pesos, et un plateau d'œufs à 2,700 CUP, ce qui représente plus de 60 % du salaire.

« Pour faire un potage, il faut un peu de saveur. Mais avec ces prix, on hésite avant de cuisiner », a commenté Dany en montrant les coûts des produits.

Otro entuerto fue la papa, tubercule qui est de saison à Cuba et qui se vend à 130 pesos la livre. “Ici, nous allons voir si nous pouvons nous échapper et choisir quelques bons spécimens, et je pense à arrêter d'être infirmier et à me mettre à l'agriculture, parce qu'avec le rythme où cela avance, il n'y a plus moyen de vivre ici,” a-t-il dit sur un ton sarcastique.

Le picadillo, un mélange de viandes de basse qualité ou même "de tout un peu", fut sa tentative de préparer un "plat principal". Mais même cette option bon marché lui a coûté cher.

En total, Dany a dépensé presque la totalité de son salaire en à peine un achat basique et limité, sans inclure les frais de transport, d'électricité, de médicaments ni d'autres services. “Ici, personne ne vit”, répéta-t-il indigné.

Le cas de Dany n'est pas isolé. Il représente une situation de plus en plus insoutenable pour les professionnels à Cuba, dont les revenus officiels sont complètement décalés par rapport au coût de la vie. Alors que les prix des aliments et des produits de première nécessité s'envolent, les salaires du secteur public restent figés, obligeant beaucoup à se tourner vers le marché informel ou l'émigration comme unique solution.

Paradoxalement, la situation décrite par Dany Belett a été reconnue publiquement par le régime cubain lui-même et ne trouve toujours pas de solution. En février de cette année, le vice-président cubain Salvador Valdés Mesa a admis qu'un salaire de 6 000 pesos par mois ne suffit même pas à couvrir les besoins de base d'un citoyen.

"Nos retraités ont des pensions moyennes de 1 525 pesos. Avec ça, on ne peut pas vivre ; avec un salaire moyen de 5 000 pesos, on ne peut pas vivre, ni avec 6 000 pesos... On ne peut pas vivre compte tenu des prix d'aujourd'hui", a admis le dirigeant castriste.

Cette somme dépasse de près de 2 000 pesos le salaire que Dany reçoit en tant que travailleur du secteur de la santé, ce qui montre clairement que des millions de Cubains vivent aujourd'hui en dessous du seuil de subsistance reconnu même par l'État.

Le salaire minimum à Cuba est d'environ 2 100 pesos depuis janvier 2021, lorsque la ratée "Tâche d'Ordonnancement" adoptée par Miguel Díaz-Canel est entrée en vigueur.

Mais ce changement monétaire dans un contexte économique improductif et dépendant des importations pour l'approvisionnement en produits de base a provoqué une flambée de l'inflation et une hausse incontrôlée des prix, tandis que les salaires ont à peine connu des augmentations insignifiantes.

Questions Fréquemment Posées sur la Crise Économique et Salariale à Cuba

Comment l'inflation affecte-t-elle les salaires à Cuba ?

L'inflation à Cuba a gravement érodé le pouvoir d'achat des salaires, rendant même les salaires de professionnels tels que les infirmiers et les avocats insuffisants pour couvrir les besoins de base. La hausse incontrôlée des prix des aliments et des produits essentiels dépasse largement toute augmentation salariale, obligeant de nombreuses personnes à chercher des alternatives sur le marché informel ou à envisager l'émigration.

Pourquoi les salaires à Cuba ne sont-ils pas suffisants pour vivre dignement ?

Les salaires à Cuba sont décalés par rapport au coût de la vie en raison de l'inflation et de la dépendance aux importations. Le gouvernement cubain a maintenu les salaires des employés de l'État gelés, tandis que les prix continuent d'augmenter, laissant de nombreux travailleurs dans une situation de survie. Même les salaires des secteurs clés comme la santé et l'éducation, qui ont reçu des augmentations, restent insuffisants.

Quelles mesures le gouvernement cubain a-t-il prises pour faire face à la crise économique ?

Le gouvernement cubain a tenté d'augmenter les salaires dans des secteurs clés comme la santé et l'éducation, mais ces mesures n'ont pas été efficaces face à l'inflation. Aucune solution concrète n'a été mise en œuvre pour résoudre la crise, et l'ouverture de magasins en dollars aggrave l'inégalité sociale. Pendant ce temps, le régime a reconnu l'inviabilité des salaires actuels, mais sans proposer de changements significatifs.

Quel est l'impact de la dollarisation sur l'économie cubaine ?

La dollarisation a profondi l'inégalité sociale à Cuba, car la majorité des Cubains reçoit ses salaires en pesos, limitant ainsi son accès aux magasins qui fonctionnent exclusivement en dollars. Cette stratégie gouvernementale destinée à attirer les devises a été critiquée pour renforcer les distorsions économiques et ne pas répondre aux besoins fondamentaux de la population.

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