Florida est devenue ces dernières années un vrai aimant pour les millionnaires et les contribuables à hauts revenus qui, en quête de charges fiscales moindres et d'une meilleure qualité de vie, quittent des États traditionnellement riches comme New York.
Selon un rapport de la Commission de Budget Citoyen (CBC) cité par Bloomberg Línea, entre 2017 et 2023, près de 30 000 New-Yorkais se sont installés dans les comtés de Palm Beach et Miami-Dade, beaucoup d'entre eux avec des revenus dépassant 250 000 dollars par an.
Cet phénomène a eu un impact fiscal considérable. New York a perdu plus de 9,200 millions de dollars en revenus fiscaux, tandis que la Floride a vu sa richesse locale et son attrait en tant que centre de pouvoir économique croître.
A cela s'ajoute le boom immobilier dans des zones exclusives comme Manalapan, où des multimillionnaires comme Larry Ellison, fondateur d'Oracle, ont investi dans des propriétés de luxe atteignant jusqu'à 173 millions de dollars, comme l'a rapporté Robb Report.
Les analystes s'accordent à dire que cette migration ne répond pas seulement à des avantages fiscaux, comme l'absence d'un impôt sur le revenu de l'État en Floride, mais aussi à une recherche d'une plus grande sécurité, d'une meilleure qualité de vie et de liberté économique.
Cette "relocalisation dorée" redéfinit la carte de la richesse aux États-Unis et consolide le sud du pays comme un nouveau pôle financier.
Cependant, tandis que les millionnaires trouvent en Floride un oasis de stabilité et de croissance, d'autres groupes migratoires vivent une réalité radicalement différente.
En particulier, les migrants cubains sont confrontés à un environnement de plus en plus hostile, marqué par des politiques migratoires restrictives réinstaurées ou durcies par l'administration de Donald Trump.
Récemment, Trump a mis fin à des programmes de protection tels que le parole humanitaire et a réinstauré des mesures visant à limiter sévèrement l'entrée et le séjour des migrants sur le territoire américain.
De fait, plus de 150 000 Cubains sont à risque d'expulsion après l'annulation du programme qui leur permettait d'entrer légalement dans le pays depuis janvier 2023.
Casos comme celui de Heydi Sánchez, une mère cubaine déportée sans sa fille, qui est restée aux États-Unis, a suscité consternation et dénonciations de la part d'organisations de défense des droits humains.
Aussi, le gouverneur Ron DeSantis a signé un ensemble de lois qui durcit considérablement les politiques migratoires en Floride. Ces mesures incluent la criminalisation de l'entrée illégale dans l'État, le refus de la liberté sous caution pour les détenus sans papiers et la participation obligatoire des autorités locales à l'application de la loi fédérale sur l'immigration.
De plus, une station d'interdiction a été établie sur l'Interstate 10 et le programme d'État de transport de migrants a été remplacé par un programme dépendant du gouvernement fédéral.
Le gouverneur a également élargi les pouvoirs des forces de sécurité étatiques et locales pour faire respecter les lois sur l'immigration, y compris la participation de la Patrouille de Routes de Floride aux opérations d'identification et d'arrestation des immigrants en situation irrégulière aux points de contrôle.
Ces politiques ont suscité des inquiétudes parmi les organisations de droits de l'homme et les communautés migrantes, qui dénoncent une augmentation de la discrimination et de la peur parmi les immigrants, en particulier les Cubains qui sont récemment arrivés dans l'État à la recherche d'une vie meilleure.
Ce contraste met en évidence l'inégalité structurelle du système migratoire américain. D'un côté, la Floride accueille à bras ouverts ceux qui arrivent avec de grands capitaux, des investissements et des projets de retraite ; de l'autre, elle criminalise et exclut ceux qui cherchent refuge pour des raisons humanitaires, fuyant des crises économiques et des régimes autoritaires, comme le cubain.
La question qui reste en suspens est : qui a le droit de migrer et d'être accueilli dignement aux États-Unis ? Alors que certains peuvent acheter leur place dans le paradis fiscal du sud, d'autres risquent leur liberté, leurs familles et leur avenir pour une chance de repartir à zéro.
Questions fréquentes sur la migration des millionnaires vers la Floride et les politiques migratoires aux États-Unis.
Pourquoi la Floride est-elle devenue une destination attrayante pour les millionnaires ?
La Floride attire les millionnaires en raison de ses charges fiscales plus faibles et de l'absence d'un impôt sur le revenu au niveau de l'État. De plus, elle offre une meilleure qualité de vie, sécurité et liberté économique, ce qui a entraîné une augmentation significative du nombre de personnes à revenus élevés déménageant depuis des États comme New York.
Quel a été l'impact fiscal de la migration des contribuables à hauts revenus vers la Floride ?
La migration de millionnaires vers la Floride a eu un impact fiscal considérable, New York perdant plus de 9,200 millions de dollars de revenus fiscaux. La Floride, pour sa part, a accru sa richesse locale et s'est imposée comme un nouveau pôle financier.
Comment le durcissement des politiques migratoires affecte-t-il les Cubains aux États-Unis ?
Le durcissement des politiques migratoires sous l'administration Trump a mis en danger près de 550 000 Cubains aux États-Unis. Ces politiques incluent la suspension de programmes de permis humanitaire et ont créé un environnement hostile pour les migrants, beaucoup étant en risque de déportation ou confrontés à des procédures judiciaires prolongées.
Quelles mesures la Floride a-t-elle prises pour contrôler l'immigration illégale ?
La Floride a durci ses politiques migratoires sous l'administration de Ron DeSantis, y compris la criminalisation de l'entrée illégale, la collaboration des forces locales avec les fédérales pour identifier les immigrants sans papiers et la participation de la Patrol de Routes de Floride à des opérations d'arrestation.
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