Carlos Varela partage l'un de ses morceaux les plus emblématiques au milieu des manifestations des étudiants cubains

Varela, l'une des voix les plus contestataires de la musique cubaine, a partagé un morceau qui évoque le conflit générationnel entre un père autoritaire et le fils qui cherche sa chance.

Carlos VarelaPhoto © Facebook / Carlos Varela

En plein milieu des manifestations des étudiants cubains contre l'augmentation des tarifs d'ETECSA, qui a conduit à une grève académique et à des déclarations publiques dans plusieurs universités, le chanteur-compositeur Carlos Varela a à nouveau fait entendre sa voix.

Il l'a fait avec un extrait de son célèbre "Guillermo Tell", une chanson qui, pour beaucoup, symbolise le conflit entre les générations, entre le père et le fils qui cherche sa chance.

L'artiste, connu pour être l'une des voix les plus contestataires et sincères de la chanson cubaine, a partagé sur Facebook une phrase de la chanson : "Guillermo Tell, ton fils a grandi, il veut tirer la flèche. C'est à lui de prouver sa valeur, en utilisant sa arbalète."

Cette puissante métaphore sur le besoin des jeunes de se prouver et sur le défi face aux adversités revêt une nouvelle pertinence aujourd'hui, dans le contexte de la rébellion estudiantine qui a surpris le régime.

La protestation des universitaires cubains : une réponse à l'augmentation des tarifs d'ETECSA

Les étudiants cubains exigent une révision urgente de l'augmentation des tarifs du service Internet sur la téléphonie mobile imposée par ETECSA.

L'appel à la grève lancé par les étudiants de la Faculté de Mathématiques de l'Université de La Havane s'est transformé en un acte de résistance sans précédent au cours des dernières décennies.

Lors de réunions avec des dirigeants d'ETECSA, les jeunes ont exprimé leurs préoccupations non seulement concernant la crise d'accès à Internet, mais aussi en raison des conditions de vie et des difficultés économiques croissantes que traverse le pays.

Varela et la métaphore de 'Guillermo Tell' : une chanson actuelle

Bien que le chanteur-compositeur n'ait pas explicitement mentionné les récentes actions étudiantes sur ses réseaux, sa publication du extrait de "Guillermo Tell" est une référence claire à la situation actuelle.

Dans cette chanson, Varela parle d'un jeune homme qui cherche à prouver sa valeur, un thème qui résonne fortement avec les nouvelles générations de Cubains qui luttent pour leurs droits face à un système qui semble ne pas céder à leurs exigences.

La chanson, sortie en 1989, reste un hymne pour les jeunes Cubains qui ressentent le besoin de faire entendre leur voix, malgré les restrictions et les difficultés auxquelles le peuple est confronté.

Tout au long de sa carrière, Varela a su se connecter avec la jeunesse, offrant une bande sonore pour les luttes quotidiennes de la société cubaine.

Carlos Varela et sa position sur la politique

Carlos Varela, connu comme le "Bob Dylan cubain", a toujours maintenu une position critique envers le régime cubain, sans s'impliquer de manière explicite dans la politique partisane.

Bien qu'il n'ait jamais été considéré comme un auteur-compositeur politique, ses chansons abordent des questions sociales et de liberté qui dérangent à la fois le gouvernement et ceux qui s'opposent au régime.

Lors d'interviews récentes, il a exprimé son rêve de voir une Cuba démocratique, et à plusieurs reprises, il a clairement manifesté son soutien à ceux qui luttent pour une plus grande liberté.

En conversation avec la chaîne PBS News en février dernier, il a affirmé : "J'ai foi et je rêve que [la démocratie à Cuba] sera possible. Cela pourrait être un pays merveilleux et prospère simplement en ouvrant les portes et en garantissant la liberté individuelle de tous les Cubains".

De plus, il a soutenu des causes telles que la libération de Luis Manuel Otero Alcántara, l'un des artistes les plus emblématiques de la protestation à Cuba, et a critiqué la censure qui affecte les créateurs sur l'île.

La jeunesse cubaine continue de chercher sa place

Le jeune public qui a suivi la carrière de Carlos Varela voit dans ses chansons une représentation de ses propres luttes.

En ces moments de crise, comme ceux que traverse le pays avec la crise économique et les manifestations contre l'augmentation des tarifs d'ETECSA, Varela demeure une voix importante, non seulement dans le domaine musical, mais aussi comme symbole de résistance.

Dans ce contexte, sa chanson "Guillermo Tell" ne reflète pas seulement le désir d'une génération de relever le défi de vivre à Cuba, mais également le courage de ceux qui, comme les étudiants universitaires, luttent pour un avenir meilleur et pour la possibilité d'avoir une place dans une société plus libre.

Le message implicite dans la publication de Varela et dans sa chanson s'aligne avec les revendications des jeunes Cubains d'aujourd'hui : liberté, opportunités et, surtout, le droit de prouver leur valeur dans un pays qui ne leur permet pas encore d'atteindre tout leur potentiel.

Questions fréquemment posées sur les manifestations étudiantes à Cuba et la réponse de Carlos Varela

Pourquoi les étudiants cubains protestent-ils contre ETECSA ?

Les étudiants cubains protestent contre l'augmentation des tarifs des services de télécommunications imposée par ETECSA, qu'ils considèrent comme un "tarif injustifié". Cette augmentation a considérablement limité l'accès à Internet et a partiellement dollarisé le service, ce qui exclut ceux qui ne disposent que de pesos cubains. Les manifestations sont une réponse à l'impact économique de ces mesures dans un pays où le salaire moyen est très bas.

Que symbolise l'utilisation de la chanson "Guillermo Tell" de Carlos Varela dans le contexte actuel de Cuba ?

La chanson "Guillermo Tell" de Carlos Varela symbolise la lutte des jeunes cubains pour leur droit à prouver leur valeur et à affronter les adversités, résonnant avec les actuelles manifestations estudiantines. Varela, connu pour être une voix critique du régime cubain, utilise cette chanson pour refléter le désir de liberté et d'opportunités des nouvelles générations qui défient un système qui les empêche d'atteindre tout leur potentiel.

Comment le gouvernement cubain a-t-il réagi aux manifestations étudiantes ?

Le gouvernement cubain a répondu aux manifestations étudiantes par une posture inflexible, refusant de revenir sur l'augmentation des tarifs et affirmant que cela est nécessaire pour éviter un effondrement technologique. De plus, ils ont tenté de discréditer la grève académique en accusant les étudiants d'être manipulés de l'extérieur.

Quelle a été la réaction de la communauté cubaine face aux mesures d'ETECSA et au soutien d'artistes comme Carlos Varela ?

La communauté cubaine a réagi avec indignation aux mesures d'ETECSA, exprimant son mécontentement à travers des manifestations et sur les réseaux sociaux. Des artistes comme Carlos Varela ont montré leur soutien à la cause étudiante, utilisant leur musique pour amplifier les revendications des jeunes et critiquer le régime pour son manque de volonté à répondre aux besoins du peuple.

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.