La légalisation d'un document à Cuba reste un véritable cauchemar pour des milliers de citoyens, malgré le transfert apparent de fonctions et les promesses d'améliorations du régime.
Un reportage récent de la presse officielle tente de présenter des avancées dans l'informatisation et l'efficacité du processus, mais la réalité est tout autre et se caractérise par de longues files d'attente, des délais interminables, un manque d'électricité, des systèmes de traitement de données obsolètes et, dans de nombreux cas, de la corruption.
Du Minrex au Minjus
En février 2025, le ministère de la Justice (Minjus) a pris en charge le processus de légalisation des documents, une tâche auparavant confiée au ministère des Affaires étrangères.
Rosabel Gamón Verde, première vice-ministre du Minjus, a assuré à Granma que le service a connu une augmentation de volume. En 2022, 442 564 documents ont été légalisés ; 684 639 en 2023 ; et environ 860 135 en 2024. Rien qu'au cours des six premiers mois de 2025, plus de 600 000 documents ont déjà été comptabilisés.
Cependant, les chiffres ne racontent pas toute l'histoire. Selon la fonctionnaire elle-même, les principaux retards concernent l'obtention de documents, en particulier ceux liés aux universités et autres établissements d'enseignement. Pendant ce temps, la population continue d'attendre, avec une frustration accumulée et sans garanties claires.
Universités effondrées et processus manuels
Les documents académiques (diplômes, relevés de notes et autres) figurent en tête des éléments les plus retardés. Des établissements comme l'Université de La Havane, l'Université Technologique de La Havane "José Antonio Echeverría" (CUJAE) ou l'Université des Sciences Médicales n'ont tout simplement pas la capacité de répondre au volume actuel de demandes.
La Loi de Mémoire Démocratique en Espagne et la migration massive de Cubains n'ont fait qu'aggraver cette situation. Dans de nombreuses municipalités, le manque d'électricité oblige à traiter les démarches manuellement, générant un goulot d'étranglement supplémentaire.
Les autorités affirment qu'elles disposent "des ressources matérielles et humaines", mais les employés de ces bureaux dépendent chaque jour du "retour de l'électricité" pour enregistrer des données dans le système.
Quotas de traitement quotidiennes, valises provinciales et plus de bureaucratie
Le président du Groupe Sociétaire de Cabinets Internationaux, Camilo Pascual Vizcaíno, a reconnu qu'ils ont progressé dans l'informatisation, mais le processus reste long et dépend de multiples institutions.
De plus, il a informé qu'il existe un quota quotidien de documents qui peuvent "entrer" au Minjus, ce qui entraîne une congestion dans les provinces et des retards systémiques dans le traitement des données.
La Organización Nacional de Bufetes Colectivos (ONBC) assure qu'elle traite plus de 3 000 documents par jour à travers le pays, cependant, elle reconnaît que les retards remontent jusqu'en avril et que les valises avec la paperasse arrivent constamment en retard à la capitale.
Sonnets et solutions en dehors du système
Ce que ne dit pas la presse officielle, c'est qu'en raison de tant d'obstacles, de nombreux Cubains sont contraints de payer en dehors du système. Sur le marché noir, les mêmes documents qui prennent des mois ou des années peuvent être obtenus en quelques jours, si l'on paie suffisamment.
C'est une pratique répandue à travers toute l'île. Elle découle du désespoir de nombreux Cubains souhaitant quitter le pays, de la nécessité de remplir des conditions légales pour commencer des études à l'étranger, ou de traiter leur nationalité espagnole en vertu de la Ley de Nietos qui est sur le point de prendre fin.
Malgré les annonces concernant l'assistance en ligne, la messagerie et la personnalisation du service de légalisation de documents à Cuba, il est clair que la majorité des Cubains continuent de faire face à des files d'attente interminables, des fonctionnaires surchargés et des conditions précaires dans les bureaux de démarches.
Promesses de numérisation non tenues
Le Minjus assure qu'un plan pour la numérisation progressive des documents est en cours, mais il n'y a pas encore de dates claires ni de résultats visibles. Ils ont constitué un groupe de travail dirigé par le ministre lui-même pour s'attaquer aux retards, mais les autorités admettent que « la réponse n'est pas celle que nous souhaitons ni celle de notre peuple ».
Pendant ce temps, les Cubains restent piégés dans un système lent, bureaucratique et de plus en plus inaccessible. La légalisation d'un document peut prendre des mois d'attente, de frustration, et dans de nombreux cas, de l'argent sous-table.
Questions Fréquemment Posées sur la Légalisation des Documents à Cuba
Pourquoi est-il si compliqué de légaliser des documents à Cuba ?
La légalisation de documents à Cuba est compliquée en raison des nombreuses retards, coupures de courant et de la corruption dans le système. Malgré les promesses d'améliorations et le transfert de fonctions au Ministère de la Justice, les citoyens se heurtent à de longues files d'attente, des systèmes obsolètes et des pratiques corrompues, telles que des pots-de-vin, pour accélérer les démarches.
Quel ministère est chargé de la légalisation des documents à Cuba ?
Depuis février 2025, le Ministère de la Justice (MINJUS) est responsable de la légalisation des documents à Cuba. Auparavant, cette fonction était confiée au Ministère des Affaires Étrangères (MINREX). Ce changement vise à améliorer l'efficacité et l'intégration des processus de légalisation.
Quels sont les principaux problèmes auxquels les Cubains sont confrontés pour légaliser des documents universitaires ?
Les documents universitaires sont les plus longs à obtenir en raison de l'incapacité des universités à répondre au volume des demandes. Des institutions comme l'Université de La Havane et la CUJAE ont leurs processus paralysés, ce qui entraîne des retards allant jusqu'à quatre ans pour l'obtention des diplômes et des certificats de notes.
Quelles mesures le gouvernement cubain prend-il pour améliorer la légalisation des documents ?
Le gouvernement cubain assure qu'il travaille à la numérisation progressive des documents et à la création d'un groupe de travail pour traiter les retards. Cependant, aucun résultat concret n'a été constaté et de nombreuses démarches continuent d'être traitées manuellement en raison du manque d'électricité et de ressources adéquates.
Comment la corruption affecte-t-elle le processus de légalisation des documents à Cuba ?
La corruption affecte significativement le processus de légalisation des documents à Cuba, car de nombreux citoyens ont recours à des pots-de-vin pour accélérer les démarches. Ces pots-de-vin sont une réponse au désespoir des Cubains qui ont besoin des documents pour émigrer ou pour d'autres raisons légales, et reflètent les insuffisances du système bureaucratique actuel.
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