La réponse cynique de Lis Cuesta après la sanction contre elle et Díaz-Canel : « Elle a déjà été à New York, ils arrivent trop tard »

Sa moquerie met en lumière la déconnexion de l'élite cubaine face à la souffrance du peuple.

Lis Cuesta et Díaz-Canel arrivant à New York en septembre 2023Photo © X/Présidence Cuba

Lis Cuesta, épouse du dirigeant cubain Miguel Díaz-Canel, a réagi ce samedi avec sarcasme aux sancions imposées par le gouvernement des États-Unis qui interdisent l'entrée sur ce territoire tant au président qu'à ses proches, y compris elle.

Dans un tweet publié sur son compte officiel, Cuesta a écrit : “.@DiazCanelB a déjà été à NY, il est descendu dans les rues et a reçu de l’amour. #C'estFait. Ils arrivent en retard”. Le message, accompagné d'une vidéo du dirigeant marchant dans une rue new-yorkaise entouré de gardes du corps, est interprété comme une provocation qui ignore la gravité des sanctions et la souffrance du peuple cubain.

La publication intervient seulement 24 heures après que le Département d'État des États-Unis ait sanctionné formellement Díaz-Canel et son entourage pour leur implication directe dans des “violations graves des droits de l'homme”, notamment après la répression brutale du 11 juillet 2021. Les sanctions comprennent la révocation de visas et l'interdiction d'entrée sur le territoire, y compris pour leurs proches.

Le ton sarcastique du tweet de Cuesta a suscité l'indignation parmi les Cubains tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'île, qui le perçoivent comme une manifestation du décalage et du cynisme de l'élite au pouvoir. Pendant que des centaines de milliers de Cubains font face à des obstacles extrêmes pour émigrer légalement ou retrouver leurs familles par le biais du parole humanitaire, la soi-disant “non première dame” se vante publiquement d'avoir été sur le sol américain.

“Pour elle, c'est une anecdote, pour nous, c'est une sentence”, a commenté un utilisateur sur les réseaux depuis Miami. D'autres ont souligné que Cuesta n'a jamais été officiellement invitée aux comitivas, mais elle apparaît toujours aux côtés de Díaz-Canel lors de ses voyages, sans rendre de comptes ni représenter de fonction officielle.

Un historique de voyages et de privilèges

Lis Cuesta a accompagné Díaz-Canel lors de pendant au moins deux visites officielles à New York, en 2018 et 2023. Sa présence lors de ces voyages a suscité des critiques, notamment parce qu'elle est une figure sans rôle institutionnel reconnu à Cuba, où il n'existe même pas de titre officiel de "Première Dame".

Lors de sa première visite officielle en 2018, ils ont tous deux été filmés en train de danser le casino à Harlem, au milieu d'un programme officiel qui comprenait des discours à l'ONU et des réunions diplomatiques. En 2023, un incident s'est produit où le Secret Service des États-Unis a dû évacuer d'urgence le dirigeant cubain d'un acte religieux.

Les sanctions et leur symbolisme

Bien que beaucoup considèrent que les sanctions sont plus symboliques qu'efficaces, la décision marque un précédent : c'est la première fois que Díaz-Canel est sanctionné personnellement par les États-Unis, ce qui le place sur la même liste que des figures comme Raúl Castro. Cette mesure répond au premier anniversaire du 11J et vise à envoyer un message de soutien à ceux qui ont protesté à Cuba et qui sont encore incarcérés aujourd'hui.

Washington a également sanctionné le ministre de la Défense, Álvaro López Miera, et celui de l'Intérieur, Lázaro Alberto Álvarez Casas, ainsi que leurs familles. De plus, il a élargi sa liste d'hôtels interdits en raison de leur lien avec le conglomérat militaire GAESA.

Entre la répression et l'arrogance

Mientras qu'à Cuba les coupures de courant, la pénurie et la répression politique se poursuivent, la direction au pouvoir semble plus préoccupée par le maintien de son discours triomphaliste. Díaz-Canel lui-même a réagi aux sanctions avec un message mêlant victimisation et propagande : “Ce qui dérange les États-Unis de #Cuba, c'est la vraie indépendance, que nous ayons la santé et l'éducation gratuits.”

Pour de nombreux Cubains, ce discours semble vide face à une réalité d'hôpitaux sans ressources, de classes sans enseignants et d'une économie au bord de l'effondrement.

Y maintenant, le mépris de Lis Cuesta ne fait que renforcer la perception que les hiérarques du pouvoir vivent dans une bulle d'impunité et de privilège, complètement étrangère à la souffrance du peuple qu'ils prétendent représenter.

Questions fréquentes sur les sanctions infligées à Díaz-Canel et Lis Cuesta

Pourquoi les États-Unis ont-ils sanctionné Miguel Díaz-Canel et sa femme Lis Cuesta ?

Les États-Unis ont imposé des sanctions à Miguel Díaz-Canel et à son épouse Lis Cuesta en raison de leur implication dans de graves violations des droits humains, en particulier après la répression des manifestations du 11 juillet 2021 à Cuba. Ces sanctions incluent une interdiction d'entrée sur le territoire et la révocation de visas, cherchant à tenir le régime cubain responsable de la répression systématique contre les opposants.

Comment Lis Cuesta a-t-elle réagi aux sanctions des États-Unis ?

Lis Cuesta a réagi aux sanctions des États-Unis avec un ton de moquerie et de provocation. Dans un tweet, elle a mentionné que Díaz-Canel avait déjà été à New York, suggérant que les sanctions arrivaient trop tard. Cette réaction a été perçue comme un décalage et un cynisme de la part de l'élite au pouvoir face à la souffrance du peuple cubain.

Quel est l'impact des sanctions sur la classe dirigeante de Cuba ?

Les sanctions imposées par les États-Unis sont plus symboliques qu'effectives, mais elles établissent un précédent en sanctionnant personnellement Díaz-Canel et de hauts fonctionnaires du régime cubain. Ces mesures visent à envoyer un message de soutien à ceux qui ont protesté à Cuba et qui sont encore emprisonnés. De plus, elles pourraient empêcher Díaz-Canel d'assister à des événements internationaux, comme l'Assemblée générale de l'ONU.

Comment le gouvernement cubain a-t-il réagi aux sanctions des États-Unis ?

Le gouvernement cubain a réagi aux sanctions des États-Unis par un discours de victimisme et de défi idéologique. Díaz-Canel et d'autres fonctionnaires ont tenté de présenter cette mesure comme un acte d'orgueil et d'impuissance de la part de Washington, affirmant qu'ils ne parviendront pas à plier la volonté du peuple cubain. Cependant, ce discours est perçu comme vide face à la réalité de la crise que traverse l'île.

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