Ils profitent des coupures de courant à Cuba pour écrire des slogans contre le régime

« Si tu coupes le courant, je te laisse un petit cadeau » : les graffitis antigouvernementaux prolifèrent comme une forme de protestation spontanée au milieu du collapse électrique.

Pintade antigouvernementale à CubaFoto © X / @SanMemero

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Dans l'obscurité provoquée par les longues coupures de courant qui étranglent l'île, les Cubains reprennent d'anciennes manières d'exprimer leur mécontentement à travers des graffitis antigouvernementaux.

Cette semaine, à l'intersection de la Calle Embil et de Sur, à La Havane, un message peint sur un mur dit "Díaz-Canel Singao", la phrase préférée de l'opposition sur l'île.

«Si tu coupes le courant, je te laisse un petit cadeau. Bonjour Cuba, prenez du café, payez vos dettes et rappelez-vous que Díaz-Canel est un singao.», a écrit l'utilisateur @sanmemero sur X, avec une photo du graffiti.

Sur un autre mur, cette fois dans la province de Holguín, l'indépendant 14yMedio a rapporté la peinture du mot "Liberté", mais terminé par un "t".

La consigne a attiré l'attention non seulement par sa charge politique, mais aussi par l'erreur orthographique à la fin du mot.

Cependant, cela a été interprété par les voisins comme une preuve d'urgence et de spontanéité.

«Celui qui l'a fait l'a certainement écrit comme cela lui est venu à l'esprit», a commenté un voisin qui s'est arrêté devant le mur.

Une autre habitante a expliqué que : « On ne peut pas bien écrire un mot qui n'est jamais utilisé. »

Les écrits font partie d'une vague croissante de graffitis antigouvernementaux qui sont apparus ces derniers mois à divers endroits du pays en raison de coupures de courant interminables pouvant atteindre 20 heures, touchant quotidiennement plusieurs localités.

À la mi-juin, les autorités ont été contraintes d'effacer au moins 20 graffitis sur le mur du cimetière de Mayabe, sous la surveillance d'agents du Ministère de l'Intérieur et de véhicules de patrouille.

Ces actes sont criminalisés sous le délit de "propagande ennemie", qui à Cuba peut entraîner jusqu'à 15 ans de prison.

Pourtant, les graffitis se multiplient comme une soupape de sécurité pour une population de plus en plus désespérée par la crise et la répression.

Ce mardi, l'Union Électrique de Cuba (UNE) a signalé un déficit de 1 401 MW durant la matinée et estime que pendant le pic nocturne, il pourrait manquer jusqu'à 1 872 MW, malgré l'entrée partielle de moteurs dans la patana de Regla.

En plein milieu de la répression et de la censure, ces actes simples —un pinceau, un mur et une phrase— sont devenus des formes puissantes de résistance symbolique.

Questions fréquentes sur les graffitis antigouvernementaux à Cuba

Pourquoi apparaissent des graffitis antigouvernementaux à Cuba ?

Les graffiti antigouvernementaux à Cuba ressurgissent comme une forme de protestation symbolique face à la crise économique, aux coupures de courant prolongées et à la répression politique.

Ces manifestations de mécontentement reflètent le mécontentement croissant des citoyens et le désespoir des Cubains face aux conditions de vie difficiles sur l'île.

Que révèlent des slogans tels que "Díaz-Canel singao" et "Abajo el comunismo" ?

Les slogans tels que "Díaz-Canel singao" et "À bas le communisme" sont des expressions de rejet envers le gouvernement cubain et son système politique. Ces messages se sont popularisés en tant que symboles de résistance et de mécontentement social, particulièrement depuis les manifestations du 11 juillet 2021. Ils représentent le désir de changement et la critique des politiques du régime actuel.

Quelle est la réponse du gouvernement cubain face à ces graffitis ?

Le gouvernement cubain réagit rapidement en éliminant les graffiti et en renforçant la surveillance dans les zones touchées. Les autorités considèrent ces actions comme de la "propagande ennemie" et peuvent imposer des peines allant jusqu'à 15 ans de prison aux responsables. Cependant, malgré les tentatives de censure, les graffiti continuent d'apparaître comme une forme de résistance symbolique.

Quel est l'impact des coupures de courant sur la vie quotidienne des Cubains ?

Les coupures de courant à Cuba ont un impact sévère sur la vie quotidienne des citoyens, affectant le fonctionnement des services de base, l'économie et la qualité de vie en général. Ces coupures d'électricité, qui peuvent durer plusieurs heures, ont exacerbé le mécontentement social et ont poussé beaucoup de gens à exprimer leur frustration à travers des graffiti et d'autres formes de protestation.

Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans la diffusion de ces graffitis ?

Les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la diffusion des graffitis antigouvernementaux à Cuba. Grâce à des plateformes comme Facebook et X (anciennement Twitter), des activistes et des citoyens parviennent à partager des images des graffitis avant qu'ils ne soient effacés par les autorités, gardant ainsi vivant le message de résistance et de mécontentement populaire.

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