Des médias révèlent qu'un programme millionnaire de médecins cubains au Mexique est hors de contrôle et sans évaluation officielle

Le manque de contrôle au Mexique sur la performance des médecins cubains suscite des critiques en raison de l'opacité dans l'utilisation des ressources publiques et des possibles abus au travail, bénéficiant principalement au régime cubain.

La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, lors d'une conférence où un programme de l'IMSS (Image de Référence) est présentéPhoto © Facebook/IMSS

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Ni la Secrétariat de la Santé, ni l'Institut Mexicain de la Sécurité Sociale (IMSS) ni l'IMSS-Bien-être ne savent si les médecins cubains travaillant au Mexique remplissent l'objectif pour lequel ils ont été engagés, objectif qui, selon eux, était de s'occuper des zones rurales et marginalisées où les professionnels mexicains refusent de travailler.

Selon une enquête de El Universal, basée sur des demandes de transparence, aucune des trois institutions ne dispose de métriques, d'indicateurs ni de rapports sur le rendement, la productivité ou la spécialisation des médecins envoyés par le régime de La Havane depuis 2022. En pratique, elles se “renvoient la balle” pour définir qui doit fournir l'information, tandis que l'évaluation officielle ne se manifeste jamais.

Captura de Facebook/La Opción

La presse mexicaine a été particulièrement incisive dans le suivi du travail des médecins cubains dans le pays. Les enquêtes ne portent pas seulement sur l'opacité dans l'utilisation des ressources publiques, mais aussi sur des dénonciations d'exploitation humaine, de l'infiltration d'agents de la Sécurité de l'État cubain dans les missions et des paiements millionnaires qui affluent vers le régime de Miguel Díaz-Canel.

Ces reportages ont mis en lumière un programme qui, bien que défendu par le gouvernement de Claudia Sheinbaum et de son prédécesseur Andrés Manuel López Obrador, est internationalement qualifié de mécanisme politique et économique qui profite davantage à La Havane qu'aux patients qu'il prétend servir.

Une dépense millénaire sans reddition de comptes

La collaboration sanitaire, défendue récemment par Sheinbaum malgré les critiques des États-Unis et des organismes internationaux, a coûté à Mexico plus de 2 019 millions de pesos (environ 105 millions de dollars) en moins de trois ans.

De ce montant, une partie a été directement versée à l'entreprise d'État cubaine Comercializadora de Servicios Cubanos, tandis que le reste couvre l'hébergement, le transport, la nourriture spéciale et un chauffeur permanent pour les brigadistes.

Néanmoins, l'IMSS, l'IMSS-Bienestar et le Ministère de la Santé admettent ne pas connaître des données clés telles que le nombre de consultations effectuées, les jours de travail couverts ou la localisation exacte de chaque médecin. Ils ne savent pas non plus combien de cet argent parvient aux professionnels, classés comme « collaborateurs externes » et non comme employés.

Le programme fait partie du modèle d'exportation de services médicaux que le propre gouvernement cubain reconnaît comme une source stratégique de devises, avec plus de 24 000 travailleurs de la santé déployés à l'étranger.

Washington et des organisations de droits de l'homme le qualifient de “esclavage moderne”, affirmant que les professionnels subissent la rétention de passeports, la surveillance et des déductions salariales abusives.

Alors que les Bahamas ont choisi de payer directement les médecins pour éviter de bénéficier au régime, le Mexique maintient le système actuel, qui transfère les fonds à La Havane sans contrôle public sur leur distribution ni sur les résultats du service.

L'absence d'évaluations ne laisse pas seulement dans l'opacité l'utilisation des ressources publiques mexicaines, mais aggrave également le drame de milliers de médecins cubains qui travaillent à l'étranger sous des contrats imposés et sans garanties de travail.

Sur l'île, des hôpitaux vides, une pénurie de personnel et l'exode des professionnels continuent de marquer la crise sanitaire, tandis que le gouvernement priorise l'exportation de ses services médicaux en tant que commerce.

Questions fréquentes sur les médecins cubains au Mexique

Pourquoi le gouvernement mexicain ne mesure-t-il pas la performance des médecins cubains ?

Le gouvernement mexicain n'a pas de mesures ni de rapports sur la performance des médecins cubains en raison du manque de coordination entre la Secretaría de Salud, l'IMSS et l'IMSS-Bienestar, qui se tiennent mutuellement responsables sans fournir d'évaluations concrètes.

Combien le Mexique a-t-il dépensé pour l'embauche de médecins cubains ?

Le Mexique a dépensé plus de 2 019 millions de pesos (environ 105 millions de dollars) en moins de trois ans pour l'embauche de médecins cubains, couvrant l'hébergement, le transport, la nourriture et d'autres dépenses, sans clarté sur la répartition des fonds.

Quelles critiques le programme de médecins cubains au Mexique doit-il affronter ?

Le programme fait face à des critiques pour son opacité dans l'utilisation des ressources publiques, des dénonciations d'exploitation humaine, une infiltration d'agents cubains et des paiements de millions au régime de La Havane, sans transparence ni avantages clairs pour les patients mexicains.

Comment Cuba et le régime de Díaz-Canel bénéficient-ils des missions médicales ?

Le régime de Díaz-Canel bénéficie économiquement des missions médicales en recevant des paiements internationaux qui n'atteignent pas entièrement les médecins cubains, qui travaillent dans des conditions de contrôle étatique et avec des salaires réduits.

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