Arrêt d'une femme pour vente de loterie illégale à Miami : comment procédait-elle ?



La femme opérait précisément à North Miami Beach.

Patrouille de la police à North Miami Beach (i) et la femme arrêtée (d)Photo © Collage Facebook/Département de police de North Miami Beach - Capture de Facebook/Univision

Les autorités du comté de Miami-Dade ont récemment arrêté Marilyn Morel, une femme accusée d'exploiter un jeu de loterie illégal dans un supermarché à North Miami Beach.

Bien que sa nationalité n'ait pas été divulguée par les médias ni par les autorités, l'affaire a suscité de l'attention tant en raison du type d'activité qu'il exerçait que pour la façon dont ce schéma opérait au sein d'un établissement commercial ouvert au public.

Morel a été arrêtée mercredi par des agents de la police suite à une enquête qui la liait à la vente de “la bolita”, une forme de loterie illégale aux profondes racines historiques à Cuba et dans d'autres communautés latino-américaines.

Son point d'opérations était le supermarché Prestige, situé au 6784 de la deuxième avenue du nord-ouest, au cœur d'une zone densément peuplée de Miami-Dade, selon le rapport de Univision.

Ce qui est frappant dans cette affaire, c'est que l'activité ne se déroulait pas dans la clandestinité d'un domicile ou dans un local fermé, comme on pourrait l'imaginer dans ce genre de cas, mais dans le même environnement où des centaines de clients faisaient leurs courses quotidiennes.

En mots des autorités, Morel "collectait les paris avec un ordinateur" depuis l'intérieur du supermarché, utilisant une technologie simple mais efficace pour attirer les joueurs, noter leurs numéros et émettre des reçus comme preuves.

Lors de l'intervention policière, de l'argent liquide et plusieurs reçus contenant des numéros précédemment joués ont été saisis, ce qui confirme que l'opération n'était pas une activité isolée ou ponctuelle, mais plutôt une entreprise structurée et pleinement opérationnelle.

Comment parvenait-elle à opérer sans être détectée ?

Bien que le jeu de la bolita soit illégal, son fonctionnement s'adapte généralement facilement à l'environnement urbain des communautés ayant de fortes racines latines.

Selon les documents judiciaires consultés, Morel réussissait à opérer en tirant parti des dynamiques quotidiennes du supermarché : les clients réguliers, dont beaucoup étaient probablement au fait du système, participaient aux paris sans susciter de soupçons évidents.

L'utilisation d'un ordinateur pour enregistrer les jeux et délivrer des reçus aux parieurs ajoutait un élément d'organisation qui donnait probablement une apparence de légalité ou de formalité à l'opération.

Mais cela n'a pas empêché la police de détecter l'activité, probablement à partir d'une dénonciation ou d'une enquête sous couverture dans le secteur.

Les autorités n'ont pas donné de détails sur la durée pendant laquelle Morel exploitait ce système, ni s'il existe d'autres personnes impliquées dans le réseau.

Il n'a également pas été précisé si le supermarché était au courant de ce qui se passait à l'intérieur ou s'il facilitait d'une manière ou d'une autre le déroulement de l'activité.

Qu'est-ce que "la bolita" ?

Le jeu de "la bolita" est une forme de loterie illégale qui a perduré au fil des ans, en particulier dans les communautés cubaines du sud de la Floride.

Son nom provient du « bolitero », la personne chargée de vendre de petites billes numérotées, pratique qui est apparue au début du XXe siècle à Cuba.

Ce système, bien que légalement contestable, a su rester ancré dans la culture populaire comme une alternative informelle aux jeux officiels de l'État.

L'une de ses caractéristiques les plus remarquables est qu'elle ne nécessite pas d'organiser de propres tirages : les numéros joués par les parieurs sont ensuite comparés aux résultats officiels des loteries d'État légalement autorisées, telles que celles de la Floride, de New York ou de la Géorgie.

De cette façon, le « bolitero » évite la nécessité d'organiser des tirages au sort et s'appuie sur des résultats vérifiables pour déterminer les gagnants et les perdants.

Cette modalité rend plus difficile la détection de la fraude, car elle ne laisse pas de traces évidentes de tirages clandestins, et les participants peuvent justifier leurs paris comme s'il s'agissait d'une simple comparaison avec les numéros officiels du jour.

Un jeu avec une histoire, mais en dehors de la loi

La bolita est considérée comme un jeu traditionnel dans de nombreuses communautés d'immigrants, notamment cubains, portoricains et dominicains.

Dans certains quartiers de Miami, comme Hialeah ou Allapattah, sa pratique fait partie de l'imaginaire populaire depuis des décennies. Cependant, son illégalité dans l'État de Floride en fait un délit passible de poursuites pénales.

Dans ce cas, Marilyn Morel fait face à des charges pour avoir exploité un jeu de hasard illégal, ce qui peut entraîner de graves conséquences légales, y compris des amendes et éventuellement du temps en prison.

L'enquête est toujours en cours et il n'est pas exclu que d'autres personnes puissent être impliquées. Les autorités pourraient élargir l'affaire si une réseau plus vaste de vente de paris illégaux est découvert, lié à d'autres endroits de la ville ou à des opérations similaires.

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