
Vidéos associées :
Le régime du Venezuela a dénoncé devant l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) la « violation de sa souveraineté » après que le président des États-Unis, Donald Trump, ait averti que l'espace aérien vénézuélien devait être considéré comme fermé.
Le ministre des Transports, Ramón Velásquez Araguayán, a indiqué que Caracas a déposé la plainte « dans le cadre de sa diplomatie de paix » concernant les « graves menaces pesant sur l'espace aérien vénézuélien » qui, selon ses dires, portent atteinte à la sécurité de l'hémisphère, a rapporté EFE.
"L'État vénézuélien a dénoncé par écrit auprès de l'OACI les graves menaces pesant sur notre espace aérien qui compromettent la sécurité dans cet hémisphère", a indiqué le responsable dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux avant d'être supprimé.
Velásquez Araguayán a souligné que Trump a annoncé “sans autorité ni fondement légal” la prétendue fermeture de l'espace aérien vénézuélien, qu'il a qualifiée d'“acte d'interférence illicite” prévu comme un délit dans l'annexe 17 de la Convention de l'aviation civile internationale.
Le ministre a rappelé que l'Autorité Aéronautique Nationale (INAC) est le seul organisme habilité à réguler l'espace aérien vénézuélien et a affirmé que “aucune puissance étrangère ne pourra remplacer, en aucune manière, l'exercice de la juridiction vénézuélienne.”
Le régime de Maduro a également rejeté que les États-Unis "tentent d'intimider et de mettre la pression sur les compagnies aériennes internationales" qui opèrent au Venezuela ou traversent le FIR Maiquetía, ce qui, a-t-il affirmé, cause des préjudices à des entreprises de pays comme la Turquie, l'Espagne, le Portugal, la Colombie, le Brésil et Panama.
Parallèlement, Caracas a dénoncé devant l'alliance OPEP+, dirigée par l'Arabie Saoudite et la Russie, que les États-Unis cherchent à "s'approprier les réserves pétrolières vénézuéliennes" en maintenant un déploiement militaire dans la mer des Caraïbes sous prétexte de lutter contre le narcotrafic.
L'accusation a été formulée par une lettre signée par Maduro et publiée par la vice-présidente Delcy Rodríguez, dans laquelle l'Exécutif considère que cette politique "met gravement en danger la stabilité de la production pétrolière vénézuélienne et du marché international".
Selon EFE, les États-Unis maintiennent depuis août un déploiement naval et aérien dans les Caraïbes, dans des eaux proches du Venezuela, qu'ils défendent comme partie de leur stratégie contre le trafic de drogue.
Caracas, en revanche, l'interprète comme une “menace” visant à favoriser un changement de gouvernement.
Le Parlement vénézuélien a également dénoncé que parmi les victimes des attaques américaines contre des embarcations dans les Caraïbes, il y aurait des citoyens vénézuéliens, et a annoncé une session extraordinaire pour créer une commission chargée d'enquêter sur ces faits.
La tension entre les deux pays s'est intensifiée après que l'autorité aérienne américaine ait demandé de "faire preuve de la plus grande prudence" en survolant le Venezuela et le sud des Caraïbes, ce qui a conduit plusieurs compagnies aériennes à suspendre temporairement leurs vols dans la région.
Le conflit entre Caracas et Washington a rapidement pris de l'ampleur. Venezuela a suspendu les vols de déportation en provenance des États-Unis en représailles à la menace de fermeture de son espace aérien et à l'augmentation des tensions dans la région.
Les conséquences se sont également fait sentir dans l'aviation civile. Iberia et d'autres compagnies aériennes ont temporairement suspendu leurs vols commerciaux vers le Venezuela et dans les Caraïbes, en réponse aux recommandations de sécurité émises par les autorités américaines suite aux avertissements de Trump.
En parallèle, Trump a confirmé qu'il a parlé directement avec Nicolás Maduro mais a assuré qu'il maintiendra la pression diplomatique et militaire jusqu'à garantir que le Venezuela “ne représente pas une menace régionale”, une déclaration qui aiguise la méfiance entre les deux gouvernements.
En États-Unis, des figures clés ont soutenu l'offensive. Le sénateur Marco Rubio a défendu les opérations de Trump dans les Caraïbes, affirmant qu'il s'agit d'une stratégie légitime contre le narcotrafic et non d'une agression directe contre le Venezuela.
Archivé dans :