Le Venezuela suspend les vols de déportation en provenance des États-Unis en représailles à la fermeture aérienne décrétée par Trump



Caracas condamne la mesure de Washington et annonce un plan spécial pour rapatrier les Vénézuéliens bloqués dans des pays tiers.


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Le gouvernement de Nicolás Maduro a annoncé ce samedi la suspension immédiate des vols avec des migrants expulsés des États-Unis, en réponse au fermeture totale de l'espace aérien vénézuélien ordonnée par le président Donald Trump, une action que Caracas a qualifiée de “arbitraire, hostile et violant la souveraineté nationale”.

Dans un communiqué diffusé par la chancellerie vénézuélienne, le régime chaviste a rejeté ce qu'il a décrit comme une "mesure sans précédent en décennies en Amérique latine et dans les Caraïbes", et a accusé Washington de "tenter d'exercer de manière extraterritoriale sa juridiction illégitime sur l'espace aérien du Venezuela".

“El gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela condamne catégoriquement cette menace à la souveraineté nationale et suspend, de manière unilatérale, les vols de rapatriement des migrants en provenance des États-Unis”, indique le texte, selon l'agence ANSA.

Jusqu'à présent, 75 vols de déportation ont renvoyé près de 14 000 Vénézuéliens depuis le territoire américain en ce début d'année 2025, selon des chiffres officiels. Le dernier vol, avec 175 migrants, est arrivé à Maiquetía mercredi dernier en provenance d'Arizona.

Caracas accuse Trump d'agression "impérialiste"

Le message du président américain, publié sur son réseau social Truth, appelait “les compagnies aériennes, les pilotes, les narcotrafiquants et les passeurs” à envisager “la fermeture totale” de l'espace aérien au-dessus et autour du Venezuela.

Le manque de précisions opérationnelles a généré de la confusion entre les compagnies aériennes internationales et les gouvernements de la région.

La vice-présidente Delcy Rodríguez a accusé Trump d'agir en coordination avec l'opposante María Corina Machado, qu'elle a rendue responsable d'avoir “demandé le blocus aérien” contre le Venezuela.

« Le gouvernement des États-Unis accède à la demande de María Machado de tenter de bloquer l'espace aérien du Venezuela », a affirmé Rodríguez, qualifiant la décision d' « agression impérialiste sans précédent ».

Plan spécial de rapatriement et nouvelles restrictions aériennes

En parallèle, Rodríguez a annoncé la création d'un plan spécial de rapatriement pour les Vénézuéliens bloqués dans des pays tiers, notamment en Amérique latine, en raison de l'annulation des lignes internationales. Le programme comprendra des vols humanitaires et la coordination avec des compagnies aériennes partenaires.

La crise aérienne s'est aggravée après que les autorités aéronautiques américaines aient recommandé aux compagnies aériennes d'éviter l'espace aérien vénézuélien en raison de l'augmentation des vols militaires dans les Caraïbes. Suite à cela, Caracas a révoqué les licences de six compagnies internationales, dont Iberia, TAP, Turkish Airlines, Avianca, Gol et Latam, qui avaient suspendu leurs opérations.

La compagnie panaméenne Copa Airlines continue de voler entre Panama et Caracas, mais uniquement pendant la journée et sous des "niveaux d'alerte maximaux". La hausse des prix sur les routes alternatives a fait grimper le coût des billets jusqu'à 1 000 dollars, reflet d'une crise aérienne sans précédent dans la région.

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