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Le président des États-Unis, Donald Trump, a confirmé ce dimanche qu'il avait eu une conversation téléphonique avec Nicolás Maduro, au milieu de la plus grande escalade de tension entre Washington et Caracas depuis des années. La révélation a eu lieu à bord de l'Air Force One, lors d'un échange informel avec des journalistes.
Lorsque l'on lui a demandé directement s'il avait parlé à Maduro, comme l'a révélé The New York Times, Trump a répondu par un simple : “La réponse est oui.” Puis, en lui demandant des détails sur la conversation, il a évité de la qualifier : “Je ne dirais pas que c'était un bon ou un mauvais appel ; c'était juste un appel.”
Bien qu'il ait refusé de s'étendre sur le contenu de l'échange, le président a maintenu son message de pression contre Caracas. Interrogé sur les raisons pour lesquelles la Maison Blanche considère l'espace aérien au-dessus du Venezuela comme fermé, Trump a été catégorique : "Parce que nous considérons le Venezuela comme un pays pas très ami."
Il a affirmé, sans fournir de preuves, que des "millions" de vénézuéliens sont arrivés aux États-Unis en provenance de "prisons, de gangs et de réseaux de narcotrafic", et a assuré que beaucoup d'entre eux "ne devraient pas être dans notre pays".
L'appel secret et le climat de tension maximale
La confirmation publique du contact survient après que deux enquêtes de The New York Times et Infobae aient mis en lumière que Trump et Maduro ont parlé le week-end dernier.
Alors que la première version indiquait qu'ils ont discuté de la possibilité d'une rencontre sur le territoire américain, le rapport élargi d'Infobae assure que la Maison Blanche a nié catégoriquement toute intention de réunion.
Selon ce média, Trump aurait lancé un ultimatum : Maduro et son cercle le plus proche doivent quitter Caracas, une exigence qui inclurait Diosdado Cabello, Vladimir Padrino López et les frères Delcy et Jorge Rodríguez.
Horas après l'appel, Washington a désigné le soi-disant Cartel des Sols comme Organisation Terroriste Étrangère (OTE), permettant d'étendre les opérations militaires et financières contre l'élite chaviste.
« Il n'y a rien à lire », mais la pression militaire se poursuit
Lors de l'échange avec les journalistes, Trump a demandé de "ne pas trop lire" sur la possibilité d'une attaque imminente contre le Venezuela. Cependant, ses paroles contrastent avec le climat de tension dans la région.
Depuis septembre, les États-Unis ont mené des dizaines de bombardements contre des navires dans les Caraïbes, et le président lui-même a anticipé que les opérations pourraient bientôt s'étendre à des cibles terrestres.
«Le terrain est plus facile», a-t-il déclaré récemment, renforçant que aucune option n'est à écarter.
Les sources citées par Reuters affirment également que la CIA a intensifié ses opérations clandestines pour préparer des "options de transition politique", tandis que le Pentagone maintient un blocus naval devant les côtes vénézuéliennes.
Maduro dénonce une tentative d'appropriation pétrolière
Ce dimanche également, le gouvernement vénézuélien a intensifié son discours. Selon une lettre envoyée par Maduro au secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), les États-Unis essaieraient de s'emparer des "vastres réserves de pétrole" du Venezuela par "l'utilisation de la force militaire létale".
Le document, révélé par El País, met en garde contre un risque pour la stabilité énergétique mondiale alors que les Caraïbes connaissent une augmentation sans précédent des opérations militaires américaines.
Maduro accuse Washington de mener une "campagne de harcèlement" depuis août qui, selon ses dénonciations, inclut plus de 14 navires de guerre, 15 000 effectifs et au moins 20 bombardements contre de petites embarcations, ce qui, assure-t-il, a entraîné plus de 80 "meurtres extrajudiciaires".
Dans la lettre, le dirigeant demande aux pays de l'OPEP et de l'OPEP+ un soutien pour arrêter ce qu'il décrit comme une agression qui menace "les équilibres du marché énergétique international".
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