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Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, se présentent ce lundi devant un tribunal fédéral de Manhattan escortés par des agents américains et sous une attention médiatique sans précédent. Quelques heures avant l'audience préliminaire, ils ont tous deux formalisé la nomination d'avocats de haut calibre aux États-Unis, un signe clair que la bataille judiciaire sera aussi âpre que politique.
Maduro a choisi Barry J. Pollack, un avocat pénaliste vétéran avec 35 ans d'expérience dans des affaires fédérales complexes, connu internationalement pour avoir été le principal défenseur de Julian Assange.
Pollack a été une figure clé dans l'accord qui a permis la libération du fondateur de WikiLeaks après plus d'une décennie de litige, un précédent qui influence désormais un processus où le leader vénézuélien fait face à des charges de narcoterrorisme, de conspiration, de trafic de drogues et de blanchiment d'argent.
Cilia Flores, pour sa part, sera représentée par Mark E. Donnelly, ancien procureur fédéral du District Sud du Texas, l'une des juridictions les plus actives aux États-Unis en matière de trafic de drogue et de criminalité organisée.
Donnelly, aujourd'hui partenaire d'un cabinet boutique à Houston, connaît le système judiciaire de l'intérieur et cumule plus de deux décennies à négocier des accords avec des procureurs fédéraux. Sa demande d'admission spéciale pour plaider à New York a été soumise ce lundi devant le tribunal.
Selon des rapports de presse, la scène devant le Tribunal fédéral Daniel Patrick Moynihan a été tendue. Des manifestants pour et contre l'arrestation se sont rassemblés dès le matin, certains dénonçant ce qu'ils qualifient de “kidnapping illégal”, tandis que d'autres soutenaient l'opération américaine qui a conduit à l'arrestation du couple à Caracas.
Maduro a été vu arrivant à l'héliport du sud de Manhattan et transféré sous forte escorte au tribunal, tandis que Flores restait détenue au MDC-Brooklyn.
Selon l'accusation formelle, Maduro et Flores figurent parmi les six personnes inculpées d'avoir conspiré pendant 25 ans avec des réseaux de narcotrafiquants. Le dictateur vénézuélien a nié à plusieurs reprises toutes les accusations, mais il fait désormais face au processus le plus délicat de sa carrière politique, loin du pouvoir et devant un système judiciaire qui connaît peu des discours idéologiques et beaucoup des preuves.
L'affaire a déclenché une tempête politique régionale. Le président Donald Trump, après la capture de Maduro, a confirmé que les États-Unis “gouverneront” le Venezuela pour une durée indéterminée, des déclarations qui ont suscité l'alarme même au sein du pays.
À Caracas, le Tribunal suprême a qualifié la capture de "kidnapping" et a investi Delcy Rodríguez en tant que leader intérimaire, tout en promettant de résister à ce qu'il a appelé une agression étrangère.
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