Le ministre de l'Intérieur vénézuélien, Diosdado Cabello, a affirmé ce mardi à Caracas que le projet bolivarien restera en place et a promis que Nicolás Maduro reviendra au pouvoir. Les déclarations ont été faites lors de la Grande Marche des Femmes, au milieu de la crise politique que traverse le Venezuela après l'arrestation de Maduro par des forces américaines.
Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux et enregistré par des utilisateurs ayant assisté à l'événement, Cabello a affirmé : “Il est vrai que c'est triste de se moquer de sa propre malchance, car ceux qui rient en pensant ‘ils n'ont pas emmené Nicolás, ils l'ont enlevé, la révolution bolivarienne va s'effondrer’, ne connaissent pas ce peuple, ils ne le connaissent pas. Nous avons perdu le commandant Hugo Chávez, nous n'avons pas la capacité de le ramener physiquement, car ils l'ont tué, mais nous allons effectivement ramener Nicolás.”
Lors de son discours sur l'avenue Bolívar, Cabello a réitéré que "la dictature ne tombera pas" et a appelé la population et les forces armées à ne pas tomber dans "le jeu de l'ennemi", en faisant référence à la capture de l'ancien président. Il a soutenu que l'"unité révolutionnaire" reste intacte et a qualifié les versions contraires de faisant partie d'une "stratégie de déstabilisation internationale".
La Maison Blanche, pour sa part, a averti Diosdado Cabello qu'il pourrait "subir le même sort que Maduro" s'il n'aide pas à la gouvernabilité de la présidente intérimaire, Delcy Rodríguez, selon Reuters, cité par El País. D'après ces sources, Washington considère que Cabello — qui contrôle une partie des forces de sécurité et des groupes civils armés — peut jouer un rôle clé pour maintenir la stabilité durant le processus de transition.
Le rapport ajoute que Cabello, accusé par les États-Unis de narcotrafic, est perçu comme l'un des rares dirigeants chavistes capables de perturber l'ordre interne et, en même temps, comme un interlocuteur nécessaire pour garantir que le pays n'entre pas dans un scénario de chaos. L'administration du président Donald Trump a clairement indiqué qu'elle s'attend à une coopération des dirigeants chavistes qui restent dans le pays.
Dans les derniers jours, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a expliqué lors d'une interview à la chaîne CBS pourquoi les forces américaines n'ont pas capturé Cabello ni le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, durant l'opération au cours de laquelle Nicolás Maduro et son épouse ont été arrêtés. Rubio a déclaré que la mission était "l'une des plus complexes et risquées" depuis des années et que des captures simultanées auraient accru le risque militaire. Il a toutefois précisé que les deux hommes sont toujours recherchés par Washington.
Parallèlement, une action en justice déposée devant le tribunal de district du sud de la Floride accuse Maduro, Delcy Rodríguez, Diosdado Cabello, Jorge Rodríguez et d'autres hauts responsables du chavisme de séquestrations, de tortures, de trafic de drogues et de terrorisme d'État. Cette affaire, fondée sur la loi RICO et la loi antiterroriste des États-Unis, vise des compensations de plusieurs millions et pourrait avoir des conséquences diplomatiques et financières pour les personnes impliquées.
Cabello, figure centrale au sein du chavisme vénézuélien depuis la mort d'Hugo Chávez, demeure l'un des principaux dirigeants du chavisme à une époque marquée par la transition de pouvoir et la pression internationale sur le régime vénézuélien.
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