Le président des États-Unis, Donald J. Trump, a affirmé que son administration sera "responsable du pétrole" du Venezuela et a annoncé qu'il se réunira ce vendredi à la Maison Blanche avec les principaux dirigeants du secteur énergétique pour coordonner la reconstruction de l'infrastructure pétrolière de ce pays sud-américain.
Dans une interview exclusive avec la chaîne Fox News, Trump a déclaré que son administration collaborera avec le nouveau leadership vénézuélien et que les États-Unis “s'occuperont du pétrole”. Le président a précisé que “demain, nous nous réunirons avec les principaux exécutifs du secteur pétrolier ici à la Maison Blanche. Les 14 plus grandes entreprises du monde viendront. Elles vont reconstruire toute l'infrastructure pétrolière et investir au moins 100 milliards de dollars”.
Trump a expliqué que cette mesure fait partie de la nouvelle phase ouverte après l'arrestation de Nicolás Maduro et de sa femme le 3 janvier dernier, lors d'une opération militaire américaine. Selon ses dires, l'objectif est de stabiliser le Venezuela et de garantir que les revenus pétroliers soient gérés au profit de la population vénézuélienne.
Lors de l'entretien, le président a souligné que le Venezuela possède “un pétrole de énorme qualité et quantité” et a affirmé que le pays restera “sous notre supervision jusqu'à sa stabilisation”. Il a également déclaré que le contrôle américain permettra de réduire les prix du brut “dans le monde entier, ce qui est bon pour tous”.
Un jour avant l'entretien, Petróleos de Venezuela (PDVSA) a confirmé officiellement qu'elle est en négociation avec le gouvernement des États-Unis pour la vente de volumes de pétrole brut. L'entreprise vénézuélienne a indiqué que les discussions se déroulent “sous des schémas similaires à ceux en vigueur avec des entreprises internationales, comme Chevron”, et qu'il s'agit d'un processus “basé sur des critères de légalité, de transparence et de bénéfice mutuel”.
Ce même mardi, le secrétaire à l'Énergie des États-Unis, Chris Wright, a déclaré lors d'une conférence à Miami que Washington contrôlera la vente du pétrole vénézuélien “pour une durée indéfinie” et que les revenus générés seront déposés sur des comptes sous la supervision du gouvernement américain, afin de garantir qu'ils soient utilisés “au bénéfice du peuple vénézuélien”. Wright a également expliqué que les États-Unis mettront sur le marché la production vénézuélienne et que les exportations pourraient atteindre jusqu'à 50 millions de barils, équivalant à environ 2 milliards de dollars.
Le fonctionnaire a ajouté que le contrôle des ventes et des fonds vise à stimuler les changements politiques et économiques qui "doivent avoir lieu" dans le pays, en plus de garantir une transition stable.
Après l'arrestation de Maduro, actuellement sous la garde des États-Unis, la vice-présidente Delcy Rodríguez a pris la présidence par interim. Les institutions chavistes conservent des fonctions administratives, tandis que Washington supervise les domaines stratégiques de la sécurité et de l'énergie.
Le gouvernement américain a décrit cette coopération comme un plan en trois phases —stabilisation, récupération et transition— destiné à reconstruire l'appareil productif vénézuélien et à éviter un effondrement économique. Les analystes estiment que le contrôle du pétrole par les États-Unis redéfinit l'équilibre des pouvoirs dans le pays et ouvre une nouvelle étape dans les relations bilatérales.
Trump a également confirmé qu'il se rencontrera la semaine prochaine avec la dirigeante de l'opposition María Corina Machado, récemment récompensée par le Prix Nobel de la Paix, et a qualifié "d'un grand honneur" le fait que cette dirigeante ait dédié le prix à sa personne.
Les déclarations du président américain renforcent le rôle central du contrôle énergétique dans la politique de Washington envers le Venezuela et marquent une nouvelle étape dans le processus de transition ouvert après la capture de Maduro.
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