Le MINFAR agite la peur : Il avertit d'un "génocide" si le socialisme tombe à Cuba



Le MINFAR insiste sur le fait que "la défense de la patrie socialiste est un devoir de tous les Cubains" ; en d'autres termes, le peuple doit se sacrifier tout en vivant mal sans nourriture, électricité ni médicaments.

Soldat cubain en exercices de tirPhoto © Facebook / Minfar Cuba

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Dans le contexte de la pire crise économique et sociale que vit Cuba depuis des décennies, le ministère des Forces armées révolutionnaires (MINFAR) a décidé de ressortir son scénario favori : la menace d'un ennemi externe omnipotent, la promesse d'une guerre apocalyptique et l'avertissement d'un supposé "génocide" si le pays abandonne le socialisme.

Dans une publication récente sur Facebook, le MINFAR a affirmé que "les drapeaux de la Révolution et du socialisme ne se livrent pas sans combattre" et a lancé un message chargé de dramatisme en assurant qu'une éventuelle "victoire de l'ennemi" aurait des conséquences "incalculables".

Selon le texte, il y aurait un "dépense inutile de sang d'hommes et de femmes innocents" et un génocide déclenché par "la soif inextinguible de vengeance de la contre-révolution".

L'organisme a conclu le message avec la phrase habituelle : "La défense de la patrie socialiste est un devoir de tous les Cubains", une phrase qui se traduit par le fait que la population doit être prête à tout sacrifier pour un système qui ne parvient même pas à garantir la nourriture, l'électricité ou les médicaments.

Captura de Facebook / Minfar Cuba

Peu après, l'organisme lui-même a renforcé le discours avec une autre publication dans laquelle il a de nouveau cité Fidel Castro et a défendu la « préparation élevée à la défense » comme mécanisme pour « prévenir la guerre ».

Dans ce post, il a insisté sur le fait que l'armée cubaine doit être forte et disposer à la fois des armes nécessaires et d'une solide morale de lutte parmi le peuple.

"La guerre que nous évitons est notre plus grande victoire", conclut-il.

Captura de Facebook / Minfar Cuba

La rhétorique n'est pas nouvelle, mais elle devient de plus en plus insistante.

Cette semaine, le MINFAR a partagé un autre message où il a affirmé que "aucun ennemi ne sera en sécurité à Cuba" et que toute force étrangère "n’aura même pas un mètre carré où elle puisse se sentir en sécurité", car elle pourrait "être détruite par une mine ou tomber dans une embuscade qui l'anéantirait".

Les mots étaient accompagnés d'images de militaires tirant avec des mitrailleuses et manipulant des mines antipersonnel, dans un déploiement visant à montrer une île transformée en tranchée.

Ces publications font partie d'une phase de préparation militaire hebdomadaire que le régime a activée dans tout le pays, sous le mot d'ordre de la "guerre de tout le peuple".

Chaque samedi, selon les autorités, des activités militaires, politiques et idéologiques auront lieu avec la participation de milices, de réservistes et de civils, dans des exercices incluant des tirs avec des fusils de fabrication soviétique, des entraînements de base et des démonstrations de drones, plus symboliques que stratégiques.

Mientras La Habana simule une forteresse imprenable, les États-Unis avancent dans un processus de modernisation militaire de haute technologie sous la campagne "Arsenal de la Liberté 2026", avec des investissements multimillionnaires dans des porte-avions, des armements de dernière génération et des systèmes de défense avancés.

Le contraste est évident : d'un côté, une armée qui mise sur la technologie ; de l'autre, un régime qui se vante de fusils hérités de la Guerre froide et de mines antipersonnelles comme si c'étaient les dernières innovations de la science militaire.

Les réactions sur les réseaux sociaux n'ont pas tardé.

Bien que des profils proches du gouvernement répètent des slogans sur la "préparation du peuple", la plupart des commentaires oscillent entre la moquerie, la colère et la critique ouverte.

Certains utilisateurs ont indiqué que le régime "utilise les jeunes comme chair à canon tandis que les enfants de l'élite vivent dans des pays capitalistes".

D'autres posent avec ironie la question de savoir s'ils vont faire la guerre "avec des armes des années 60", et il ne manque pas ceux qui résument le sentiment général par des phrases comme "les ennemis, c'est vous, qui avez le peuple à la famine".

Dans un pays marqué par des coupures de courant, l'inflation, la pénurie de nourriture et une migration de masse sans précédent, le MINFAR a choisi de raviver l'épopée des tranchées, des ennemis invisibles et du sacrifice éternel.

La menace d'un soi-disant "génocide" ne semble pas tant chercher à préparer la population à une véritable guerre qu'à renforcer la peur, la discipline et le contrôle politique, tandis que la vie quotidienne s'effondre.

Une fois de plus, le régime cubain tente de convaincre une population épuisée que son principal problème n'est pas le manque de nourriture, d'électricité ou de médicaments, mais un ennemi extérieur toujours à l'affût.

Et tandis que le discours officiel promet des batailles héroïques, le peuple continue de mener la sienne : survivre.

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