Antigua-et-Barbuda se sépare des médecins cubains et fait appel à du personnel médical ghanéen



Le gouvernement d'Antigua-et-Barbuda va intégrer 120 infirmiers ghanéens pour renforcer son système de santé en pleine réduction du personnel cubain. Washington a intensifié la pression diplomatique contre ces programmes, essentiels pour plusieurs pays des Caraïbes. Bien que l'exécutif parle de "transition", l'accord avec Cuba est de facto démantelé.

Ni transition ni nuances : Antigua et Barbuda enterre son alliance médicale avec CubaPhoto © Facebook/Brigada Medica Cubana à Antigua et Barbuda

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Antigua-et-Barbuda accueillera la semaine prochaine 120 infirmiers du Ghana pour soutenir son système de santé, après avoir mis fin à sa coopération médicale historique avec Cuba en raison de pressions croissantes du gouvernement des États-Unis.

Les professionnels de santé arriveront le 23 janvier à Antigua et Barbuda pour renforcer le système de santé du pays, a confirmé le directeur général des communications du Bureau du Premier ministre, Maurice Merchant.

La majorité sera destinée au Celeste Bird Medical Centre, le principal hôpital du territoire, tandis que d'autres couvriront des cliniques et des centres éducatifs, a rapporté l'agence de presse EFE.

Le recrutement intervient après l'annulation de l'accord avec les brigades médicales cubaines, qui ont été pendant des années un pilier du système de santé local.

Bien que le Gouvernement insiste sur le fait que le programme avec Cuba "n'a pas été formellement terminé", le départ des professionnels cubains marque un tournant abrupt dans une politique que l'exécutif lui-même a défendue tout au long de 2025 face aux accusations de Washington.

Les États-Unis ont intensifié ces derniers mois leur pression sur les pays des Caraïbes qui maintenaient une coopération sanitaire avec La Havane, alléguant que ces programmes constituent des dispositifs de « travail forcé ».

Plusieurs membres de la Communauté des Caraïbes (Caricom), y compris Antigua-et-Barbuda, ont initialement défendu les missions médicales cubaines comme étant essentielles à leurs systèmes de santé, mais ont fini par s'ajuster aux exigences américaines.

Merchant a affirmé que les infirmiers ghanéens sont "hautement qualifiés" et que leur intégration aura un impact positif, surtout face à l'émigration constante du personnel de santé local vers l'Amérique du Nord et l'Europe à la recherche de meilleurs salaires.

Le fonctionnaire a reconnu, cependant, que les professionnels cubains ont été pendant des décennies un soutien essentiel du secteur.

La décision survient après qu'en décembre il a été révélé que le gouvernement du Premier ministre Gaston Browne a mis fin de manière inattendue à l'accord médical avec Cuba, sans fournir d'explication officielle.

La nouvelle a été confirmée par l'opposition du United Progressive Party, qui a qualifié l'annulation d'"échec politique" et d'"acte d'ingratitude", rappelant des programmes clés tels que le Programme de Soins Oculaires et la formation des étudiants antiguanos sur l'île.

Le retrait des brigades cubaines s'inscrit dans un contexte plus large de l'offensive diplomatique de l'administration de Donald Trump.

Le Département d'État et le sénateur Marco Rubio ont promu des sanctions et des restrictions de visa contre les fonctionnaires des pays qui engagent ces services, en plus d'exiger que les paiements soient effectués directement aux médecins et non à l'État cubain.

Selon l'ONG Prisoners Defenders, le gouvernement de Cuba retient en moyenne près de 85 % des salaires de son personnel médical à l'étranger.

Un rapport du Département d'État américain a estimé les revenus de l'île issus de l'exportation de services professionnels entre 6 000 et 8 000 millions de dollars par an, représentant plus de 40 % de ses exportations totales entre 2018 et 2020, selon des données officielles cubaines.

La substitution du personnel cubain par des infirmiers ghanéens vise à garantir la continuité des services, à un moment particulièrement délicat pour Antigua et Barbuda, qui prévoit de lancer une Assurance Nationale de Santé en 2026.

Cependant, des doutes persistent quant à la capacité du pays à combler de manière stable le vide laissé par une coopération médicale qui a soutenu son système de santé public pendant des années.

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