Raquel Pacheco, vétérane de l'Armée des États-Unis et résidente à Miami Beach, a dénoncé sur les réseaux sociaux que deux détectives de la police locale se sont rendus à son domicile après qu'elle ait publié un commentaire critique sur le maire Steven Meiner sur Facebook.
La rencontre a été enregistrée par Pacheco elle-même. On peut voir le moment où les officiers lui montrent une capture d'écran de sa publication et lui recommandent "d'éviter des déclarations qui pourraient inciter à la violence".
La police a qualifié la visite d'« évaluation de sécurité » en raison de la possibilité que d'autres personnes réagissent violemment à son commentaire.
Dans la vidéo, on entend un détective dire : « Nous ne disons pas si c'est vrai ou non. Nous voulons juste éviter que quelqu'un s'agite ou fasse quelque chose. » Pacheco a répondu en invoquant son droit à la liberté d'expression : « C'est la liberté d'expression, c'est l'Amérique, n'est-ce pas ? ».
Le cas a été dénoncé par l'organisation FIRE (Foundation for Individual Rights and Expression), qui a qualifié cet acte de possible abus de pouvoir et de violation de la Première Amendement de la Constitution américaine, qui protège la libre expression même lorsqu'elle est malvenue pour les autorités.
Une publication polémique
Le commentaire qui a suscité la visite de la police critiquait sévèrement le maire Meiner pour ses supposées positions discriminatoires envers la communauté LGBTQ et pour avoir tenté de censurer des œuvres culturelles.
"Le type qui demande constamment la mort de tous les Palestiniens a essayé de fermer un théâtre pour avoir projeté un film qui a blessé ses sentiments et refuse de soutenir la communauté LGBTQ de quelque manière que ce soit (il se lève même et s'en va lorsque des questions connexes sont votées) veut que tu saches que 'tout le monde est le bienvenu ici'", dit le message.
En ton sarcastique, Pacheco a clôturé sa publication avec plusieurs emojis de clown. Au cours de l'échange, les agents ont insisté pour savoir si le bref texte lui appartenait.
« Je ne peux pas répondre à des questions sans la présence de mon avocat », a-t-elle déclaré dans la vidéo, réitérant son refus de confirmer la paternité du message.
« La police de Miami Beach est arrivée à ma porte, vers 14 heures, pour m'interroger sur un commentaire sur les réseaux sociaux. La liberté d'expression, telle que nous la connaissons, est morte. Je suis citoyenne américaine et vétéran de l'Armée des États-Unis. Ils ne me réduiront pas au silence », a-t-elle déclaré en publiant la vidéo de la visite.
Débat national sur les limites de la surveillance
L'intervention policière a déclenché un vaste débat en Floride sur les limites entre la sécurité publique et la liberté d'opinion sur les réseaux sociaux.
Les médias locaux ont partagé son message et des activistes des droits civiques mettent en garde contre le fait que ce type d'actions peut avoir un effet intimidant sur les citoyens qui critiquent des fonctionnaires publics.
Le Département de la Police de Miami Beach n'a effectué aucune arrestation ni émis d'avertissements formels, mais a clairement indiqué que sa visite était "préventive".
L'incident a placé au centre du débat la tension entre le discours politique et l'intervention policière, en particulier dans un contexte de polarisation croissante aux États-Unis.
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