Trump a invité Poutine à sa dernière initiative : Un criminel de guerre dans une Commission de Paix



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Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska (image d'archives)Photo © whitehouse.gov

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Donald Trump a de nouveau secoué l'échiquier international en offrant à Vladimir Poutine et au dictateur biélorusse Aleksandr Loukachenko un siège au prétendu Conseil de la Paix, l'organisme promu par Washington pour diriger la reconstruction de Gaza et, selon les propres mots de Trump, “devenir un modèle de gouvernance mondiale pour résoudre les conflits”.

Le Kremlin a officiellement confirmé avoir reçu l'invitation. “Les États-Unis ont invité Vladimir Poutine à rejoindre le Conseil de la Paix”, a déclaré le porte-parole russe, Dmitri Peskov, qui, selon El País, a ajouté que Moscou est “en train d'étudier les détails de la proposition”.

Capture d'écran Facebook / El País

Bélarus, en revanche, a déjà signé son adhésion. “Nous sommes prêts à participer aux activités du Conseil de la Paix et espérons que cette organisation élargira son champ d'action et son autorité au-delà du mandat qui a été proposé”, a annoncé le Ministère des Affaires Étrangères de Minsk dans un communiqué diffusé par Reuters

Le geste a provoqué une vague de réactions en Europe. La France a rejeté l'invitation en considérant que le comité “pourrait remettre en question l'ONU”, et le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a publié un message indirect rappelant que “l'Assemblée générale reste le parlement des nations”.

Pendant ce temps, à Washington, l'initiative a été interprétée comme un coup de politique étrangère visant à réaffirmer le leadership mondial de Trump, même au-dessus du système multilatéral traditionnel.

Les pays invités et la composition du comité

Jusqu'au 20 janvier 2026, la composition de la Commission de la Paix reste encore incertaine. Selon des sources diplomatiques citées par Bloomberg et El País, les pays officiellement impliqués ou invités sont :

  • États-Unis : pays fondateur et direction de l'organisme (Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff). 
  • Bélarus : adhésion confirmée et signée par Aleksandr Lukashenko
  • Russie : invité ; le Kremlin étudie sa participation.
  • Francia : invitée ; elle a refusé de se joindre.
  • Israël : invité ; toujours sans réponse officielle.
  • Kazakhstan et Ouzbékistan : mentionnés par Bloomberg comme des pays en discussion pour rejoindre.

Par conséquent, seuls les États-Unis et la Biélorussie font officiellement partie du nouveau comité, tandis que la Russie évalue sa réponse et que d'autres pays adoptent une position d'attente.

Un invité sous un mandat d'arrêt international

Le problème n'est pas seulement politique, mais aussi éthique et juridique. Depuis mars 2023, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre Poutine pour crimes de guerre en Ukraine, en particulier pour la déportation illégale d'enfants depuis les zones occupées vers le territoire russe.

Le procureur général, Karim Khan, a alors déclaré qu'il existait "des motifs raisonnables de croire que le président russe a une responsabilité pénale individuelle" dans ces faits. 

Bien que la CPI n'ait pas la capacité directe d'arrêter Poutine, l'accusation fait de lui le premier chef d'État d'un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU sous un mandat d'arrêt international. Plus de 120 pays signataires du Statut de Rome sont tenus de l'arrêter s'il met les pieds sur leur territoire.

Bucha : le crime qui a réveillé le monde

La décision de la CPI ne peut être comprise sans se souvenir du massacre de Boucha, cette petite ville ukrainienne où, après le retrait russe en mars 2022, plus de 400 corps de civils exécutés ont été découverts, dont beaucoup portaient des signes de torture.

Les images diffusées par Reuters et The New York Times montraient des cadavres avec les mains liées et des balles tirées à la tête. “Bucha est une scène de crime”, a déclaré le procureur Khan après avoir visité les lieux. 

Bien que le mandat d'arrêt contre Poutine se concentre formellement sur la déportation de mineurs, les enquêteurs estiment que le massacre de Boutcha a constitué le point de basculement moral qui a suscité l'action judiciaire internationale.

Les procureurs de La Haye continuent de rassembler des preuves pour élargir le dossier à d'autres crimes de guerre commis par l'armée russe en Ukraine.

Un gardien de la paix controversé

Le contraste est brutal : tandis que le monde se souvient de Bucha, Trump propose à Poutine un siège au sein d'un comité pour promouvoir la paix mondiale.

Pour certains analystes, ce mouvement vise à intégrer Moscou dans un schéma de coopération contrôlé par Washington. Pour d'autres, il constitue une banalisation du crime et un signe dangereux d'impunité.

Le Kremlin, qui insiste sur le fait de nier les crimes de guerre en Ukraine, considère l'invitation comme une reconnaissance de son poids global. Mais dans le monde, où les images de Boutcha restent gravées dans la mémoire collective, cette annonce suscite le rejet.

Alors que Poutine évalue sa réponse, Trump consolide son image de leader défiant les limites de l'ordre international. Mais sa "Junte de la Paix", avant même de naître, est déjà chargée d'une contradiction insurmontable : prétendre pacifier le monde aux côtés de ceux qui l'ont fait saigner.

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