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La répression du gouvernement cubain contre les membres de l'Église catholique s'est à nouveau manifestée ce vendredi, lorsque les prêtres Alberto Reyes et Castor José Álvarez Devesa ont été convoqués par la Sécurité de l'État à Camagüey.
La convocation reflète un schéma de pression sur les religieux qui défendent les droits humains et la liberté d'expression sur l'île.
Dans un message partagé sur Facebook, la journaliste Eugenia Gutiérrez a informé que les deux prêtres ont été convoqués aujourd'hui sans motif déclaré. "Nous sommes en attente de nouvelles", a-t-elle déclaré.
Pour sa part, l'écrivain Osvaldo Gallardo González a précisé dans un autre message que les prêtres seraient interrogés séparément.
"Le Père Castor est en train d'être interrogé en ce moment. Le Père Alberto le sera à 17h00", a-t-il précisé.
Le Père Castor José Álvarez Devesa, connu sous le nom de Père Castor, a été une voix dérangeante pour le régime cubain.
Lors des manifestations du 11 juillet 2021, il a été arrêté et frappé par la police pour avoir protégé un jeune manifestant de 14 ans.
Antonio Rodiles, leader de l'organisation indépendante de débat, de pensée et d'activisme Estado de Sats, a souligné l'accompagnement de Castor auprès de son peuple et sa défense de la liberté de Cuba, fondée sur l'amour et la vérité.
"Il est convaincu que fermer les yeux sur la souffrance du peuple est contraire à ce que doit être la mission de l'Église", a-t-il affirmé.
Le prêtre s'est constamment exprimé contre l'oppression de l'État et a promu la tenue d'élections libres.
En 2018, voyagé au Vatican avec d'autres prêtres pour remettre une lettre en faveur des libertés démocratiques à Cuba, y compris la demande d'élections libres.
Pour sa part, le Père Alberto Reyes Pías, curé à Esmeralda, Camagüey, a maintenu un activisme constant en défense de la dignité et des droits du peuple cubain.
Son engagement se reflète dans des initiatives symboliques comme l'annonce faite en mai 2024, de faire sonner 30 fois les cloches de son église chaque nuit où il y aurait une panne de courant, comme forme de protestation contre la crise énergétique qui affecte la population.
Depuis sa rubrique habituelle sur Facebook "J'ai réfléchi", il dénonce les souffrances et le manque de solutions du gouvernement face à la misère du peuple.
Ces citations mettent en évidence un schéma de harassment systématique de la part du régime envers les dirigeants religieux qui exercent leur droit à exprimer des critiques légitimes et à dénoncer des injustices.
La pression sur les membres de l'Église ne porte pas seulement atteinte à la liberté religieuse, mais cherche également à étouffer toute voix pouvant exprimer des revendications démocratiques au sein de la société.
Le fait que deux prêtres reconnus et respectés soient cités de manière arbitraire met en relief l'intolérance du gouvernement face à la dissidence au sein de l'Église, un espace qui a historiquement servi de refuge pour la dénonciation sociale et la défense des droits fondamentaux.
La situation suscite une alarme parmi les fidèles et la communauté internationale, mettant en évidence la tension entre la foi et la répression étatique sur l'île.
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