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L'officier de renseignement Jorge Luis Mayo Fernández, désigné par sa participation à des activités d'espionnage et de répression politique, continue d'exercer en tant qu'ambassadeur de Cuba au Venezuela, malgré les dénonciations qui le lient à des crimes contre l'humanité dans plusieurs pays d'Amérique Latine.
Le diplomate a récemment participé à un événement officiel au port de La Guaira, où l'on a commémoré les 145 ans de l'arrivée de José Martí au Venezuela. L'événement, organisé par l'Ambassade de Cuba et les autorités locales, a rassemblé le gouverneur chaviste José Alejandro Terán et d'autres fonctionnaires vénézuéliens.
Durante la cérémonie, les intervenants ont rendu hommage aux "héros cubains et vénézuéliens tombés durant la vile agression impérialiste du 3 janvier dernier", en référence à l'opération militaire américaine qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro et Cilia Flores.
Le maintien de Mayo Fernández à la tête de la légation diplomatique à Caracas renforce la relation étroite entre le régime cubain et l'appareil de pouvoir chaviste, même dans un contexte de transition politique.
Après la chute de Maduro, Delcy Rodríguez a pris la présidence par intérim sous la supervision des États-Unis, mais La Havane s'est efforcée de maintenir sa présence et son influence au sein du tissu institutionnel vénézuélien, en particulier dans les secteurs liés à l'intelligence, à la défense et aux programmes sociaux binationaux.
Le régime de Miguel Díaz-Canel maintient à la tête de son ambassade à Caracas un haut responsable du G2 dans le cadre d'une stratégie visant à protéger les intérêts cubains sur le territoire vénézuélien et à assurer le contrôle sur les missions médicales, techniques et de conseil encore opérationnelles.
La présence d'un agent de renseignement à ce poste vise également à surveiller de près l'évolution du nouveau paysage politique après la chute de Maduro.
Dans un contexte de transition et d'incertitude, La Havane cherche à préserver les accords énergétiques et de coopération qui, depuis des années, lui ont assuré du pétrole subventionné et un soutien financier, essentiels pour maintenir l'économie cubaine affaiblie.
Selon le projet Represores Cubanos, Jorge Luis Mayo Fernández est un haut responsable du Département M-II de la Direction du renseignement (G2), spécialisé dans les opérations en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Desertores de son propre appareil l'accusent de conseiller des mécanismes de répression et de persécution politique, en plus de participer à des opérations d'espionnage lors de ses missions diplomatiques en Argentine, au Nicaragua, au Venezuela et aux Nations Unies.
Le dossier public du diplomate retrace une carrière de plus de trois décennies au sein de la structure du régime. Formé à l'Institut Supérieur de Relations Internationales (ISRI) entre 1984 et 1989, il a commencé sa carrière en 1999 en tant que Troisième Secrétaire à la mission cubaine auprès de l'ONU.
En 2004, il a été nommé en Argentine comme Deuxième Chef de Mission, poste qu'il a occupé jusqu'en 2008. Par la suite, il a également exercé en tant que Deuxième Chef de Mission au Venezuela (2010-2016) et a été désigné ambassadeur au Nicaragua en 2021, avant d'assumer sa responsabilité actuelle à Caracas.
Analystes de l'exil et observateurs internationaux s'accordent à dire que leur présence au Venezuela a une valeur symbolique et opérationnelle. "La présence d'un agent du G2 à Caracas est une manœuvre de survie du castrisme. Cuba cherche à maintenir l'accès à des renseignements et à des réseaux politiques dans un pays où elle a historiquement opéré sans contrepoids", a indiqué un expert en sécurité consulté par CiberCuba.
La continuité de Mayo Fernández à son poste souligne également la dépendance mutuelle entre les deux régimes. Malgré le changement de pouvoir au Venezuela, le chavisme résiduel reste un allié essentiel pour le castrisme, tant dans l'approvisionnement en pétrole que dans la coopération en matière de sécurité.
Avec l'affaiblissement de l'axe Caracas-La Havane, le gouvernement de Díaz-Canel fait face à un scénario d'isolement croissant et à la perte de son principal soutien énergétique.
Maintenir un dispositif de renseignement à Caracas, selon plusieurs sources, fait partie de la stratégie du régime pour conserver un pouvoir de négociation face à Washington et contrôler la narration politique au milieu du réagencement régional après la chute de Maduro.
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