La chanteuse et productrice cubano-américaine Gloria Estefan a affirmé que le blocus pétrolier sur Cuba ne constitue pas une voie efficace pour provoquer un changement politique sur l'île et a soutenu que les vérituelles sanctions ont été imposées par le gouvernement lui-même aux Cubains.
En déclarations faites à l'agence EFE lors de la 65ème édition du Festival International de Viña del Mar, au Chili, l'artiste a affirmé que “ce n'est pas une façon de faire tomber un régime”, en référence aux mesures imposées par l'administration du président Donald Trump contre les pays fournissant du pétrole à Cuba. Selon ses dires, l'impact de ces restrictions ne pèse pas sur les structures de pouvoir, mais sur la population.
« Les seules sanctions qui ont existé à Cuba ont été celles du propre gouvernement contre les Cubains », a déclaré Estefan. L'interprète a déploré les conséquences quotidiennes de la crise énergétique sur l'île et a décrit un scénario marqué par le manque d'électricité, les difficultés de déplacement et des problèmes fondamentaux tels que la conservation des aliments. « Mon cœur se brise », a-t-elle confessé.
Bien qu'elle ait remis en question l'efficacité des sanctions extérieures en tant que mécanisme de pression politique, l'artiste a également pointé directement la répression interne. À son avis, tout changement devrait émerger de la société cubaine, mais elle a reconnu les obstacles auxquels la population est confrontée.
"Il faut que cela vienne du peuple cubain qui dise : ‘Jusqu'ici, ça suffit, nous n'en voulons plus’. Et c'est difficile, car chaque fois qu'il se passe quelque chose, des jeunes sont arrêtés", a-t-il affirmé.
Estefan a averti que la situation sur l'île traverse l'un de ses moments les plus critiques depuis le soi-disant Période Spéciale qui a suivi la chute de l'Union Soviétique. De plus, il a souligné que le gouvernement cubain continue de recevoir un soutien et une aide internationale, bien que, selon ses indications, il rejette parfois publiquement l'assistance humanitaire.
Lors de la même interview, l'artiste a également exprimé son inquiétude concernant les rafles et les arrestations de migrants latinos aux États-Unis, soulignant que le silence face aux injustices peut devenir dangereux. Sans égaler les contextes historiques, elle a rappelé que lorsque quelque chose "n'est pas juste", il faut s'élever et faire entendre sa voix.
Les déclarations de Gloria Estefan, l'une des figures cubaines les plus influentes à l'international, rouvrent le débat entre les Cubains à l'intérieur et à l'extérieur de l'île sur l'efficacité des sanctions externes et le coût humain que implique toute stratégie de pression politique.
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