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Les États-Unis ont publiquement félicité le Honduras pour avoir mis fin à l'accord qui permettait la présence de médecins cubains dans ce pays d'Amérique centrale, dans une décision qui constitue un nouveau coup porté à l'un des principaux mécanismes de financement du régime de La Havane.
Le prononcé a été fait par le haut fonctionnaire Jeremy Lewin, Sous-secrétaire d'État pour l'Assistance extérieure, les Affaires humanitaires et la Liberté religieuse, via son compte sur X.
"Nous félicitons le Honduras d'avoir affirmé sa souveraineté sanitaire et mis fin à sa dépendance envers les Brigades Médicales Cubaines. Les missions médicales cubaines figurent parmi les pires exemples de la traite des êtres humains modernes, avec des travailleurs emprisonnés à l'étranger pour générer des revenus pour le régime cubain en crise", a-t-il écrit.
Le message met au centre du débat ce que Washington dénonce depuis des années : que le système d'exportation des services médicaux du castrisme fonctionne dans des conditions coercitives et avec une appropriation majoritaire des salaires par l'État cubain.
La déclaration ne se contente pas de soutenir la décision hondurienne, mais la présente également comme un acte de souveraineté et de rupture avec un schéma que les États-Unis considèrent comme abusif.
Fin de l'accord au Honduras
La réaction américaine survient après que des sources officielles aient confirmé que 128 médecins cubains devront quitter le Honduras suite à la décision du gouvernement de ne pas renouveler l'accord signé il y a deux ans.
Le contrat, signé pendant l'administration de la présidente de gauche Xiomara Castro, expire cette semaine. L'actuelle gestion du président Nasry Asfura, soutenu par son homologue américain Donald Trump, a décidé de ne pas prolonger l'accord.
« La sortie des médecins cubains est une décision de politique extérieure », a déclaré le secrétaire aux Communications, José Augusto Argueta.
Pour sa part, le vice-ministre de la Santé, Eduardo Midence, a affirmé que les professionnels seront remplacés par des personnels nationaux ou étrangers accrédités : "Nous allons travailler pour embaucher des médecins honduriens ou étrangers dûment accrédités auprès du Collège Médical."
Selon Gonzalo Valerio, de l'Association d'Amitié Honduras-Cuba, les 128 spécialistes attendent la coordination d'un vol charter pour retourner sur l'île début mars.
L'un des principaux programmes développés par la brigade était l'attention ophtalmologique au moyen de la célèbre Misión Milagro, inaugurée il y a des décennies par le dictateur Fidel Castro.
Jusqu'en octobre 2025, environ 44 000 consultations et près de 7 000 interventions chirurgicales avaient été réalisées, selon des données officielles. Les autorités honduriennes ont assuré que les cliniques ne fermeraient pas et que les services continueraient sous d'autres professionnels.
Honduras s'ajoute ainsi au Guatemala et à Antigua-et-Barbuda, qui ont annulé des accords similaires, tandis que la Guyane a envisagé de verser directement des paiements aux médecins cubains sous la pression de Washington, qui a qualifié ces missions de mécanismes de travail forcé.
Le véritable intérêt de Cuba
L'exportation de services médicaux constitue l'une des principales sources de devises pour le régime cubain. La décision hondurienne impacte directement ce flux de revenus à un moment où l'île traverse l'une des pires crises économiques depuis des décennies.
La réaction depuis La Havane ne s'est pas faite attendre. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, a qualifié comme un "crime" de priver un pays de ses sources légitimes de revenus.
Au-delà de la défense rhétorique de la "main-d'œuvre sanitaire", la déclaration a mis en lumière le poids financier que ce modèle d'exportation de professionnels représente pour le régime, considéré comme sa principale source de devises ces dernières années.
Une position ferme depuis Washington
Le message de Lewin s'inscrit dans une ligne plus ferme à l'égard du régime cubain.
Jours auparavant, le fonctionnaire avait affirmé : "Pendant 70 ans, le peuple cubain a souffert sous un régime brutal qui ne lui a pas seulement dérobé ses droits politiques et civils, mais aussi toute opportunité économique. Le régime a maintenu le pays dans la misère délibérément pour préserver son contrôle total."
Depuis son poste, lié à la politique d'assistance extérieure et en tant que conseiller principal du secrétaire Marco Rubio, Lewin participe à la supervision des programmes d'aide internationale et aux stratégies envers les pays en crise.
Son accent sur la liberté économique comme voie de solution vise directement le modèle de contrôle étatique qui, selon Washington, maintient Cuba plongé dans la précarité.
Et ses félicitations à Honduras renforcent la pression internationale contre un système que les États-Unis dénoncent comme une exploitation du travail déguisée sous le discours de la coopération médicale.
En pleine situation sociale et économique critique sur l'île, la décision hondurienne représente non seulement un tournant diplomatique, mais aussi une nouvelle remise en question du mécanisme qui a servi pendant des années de bouée de sauvetage financière au régime castriste.
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