Rosa María Payá : "Le mur de Berlin de notre époque peut également tomber à Cuba."



Rosa María PayáPhoto © Cortesia

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Rosa María Payá, présidente de Pasos de Cambio et commissaire de la CIDH, a affirmé que "le mur de Berlin de notre époque peut également tomber à Cuba" dans une interview publiée par El Mundo lundi dernier, le même jour où elle a signé à Miami le prétendu "Accord de Libération" avec l'Assemblée de la Résistance Cubaine (ARC) et d'autres organisations d'opposition.

L'accord, signé avec Orlando Gutiérrez-Boronat, leader de l'ARC, et déposé symboliquement devant la Vierge de la Charité du Cuivre, propose un plan de transition structuré en trois phases : libération, stabilisation et démocratisation. La première phase prévoit la fin du système politique actuel et la libération immédiate de plus de 1.000 prisonniers politiques ; la seconde, un gouvernement provisoire pluriel pour faire face à l'urgence humanitaire ; et la troisième, des élections générales libres, multipartites et supervisées internationalement.

Le texte même de l'accord exige "le démantèlement de l'entreprise criminelle qu'est le Parti Communiste de Cuba, ainsi que la désarticulation de tous ses mécanismes d'organisations répressives". Payá a été très clair lors de la signature : "Aujourd'hui, nous faisons avancer l'alternative démocratique à la barbarie qui prévaut dans notre pays. Aujourd'hui, nous savons que la seule issue à la crise est la fin de la dictature. Et c'est urgent, car la souffrance humaine de nos familles [...] est brutale."

La métaphore du Mur de Berlin n'est pas nouvelle dans le discours de Payá. En octobre 2021, devant le Parlement Européen, elle déclara : "Le régime cubain est le mur de Berlin de notre hémisphère et en ce moment, nous avons l'opportunité de pousser, de faire tomber ce mur et d'avancer vers la démocratie". En décembre de cette même année, lors du Sommet pour la Démocratie convoqué par Biden, elle ajouta que "sa chute dépend de la stabilité démocratique de la région".

Les déclarations interviennent à un moment de crise aiguë à Cuba. Selon l'organisation Prisoner Defenders, le pays enregistre un nombre record de 1 207 prisonniers politiques au début de 2026, au milieu d'un effondrement économique avec des salaires minimums de 17 dollars par mois et des coupures de courant massives. La perte des subventions vénézuéliennes, après la capture de Nicolás Maduro, a encore aggravé la situation du régime.

Payá, fille du dissident Oswaldo Payá Sardiñas —fondateur du Mouvement Chrétien Libération et promoteur du Projet Varela, qui a recueilli plus de 35.000 signatures en 2002 pour exiger des réformes démocratiques—, continue l'héritage de son père depuis l'exil à Miami. En juin 2023, la propre CIDH, organisme dont elle est aujourd'hui commissaire, a officiellement tenu le gouvernement cubain responsable de la mort d'Oswaldo Payá le 22 juillet 2012.

El Accord de Libération représente la tentative la plus articulée à ce jour d'unifier l'opposition cubaine autour d'un plan de transition concret. Quelques semaines plus tôt, en février, Payá avait présenté à Miami avec le congressiste Carlos Giménez une stratégie commune des forces démocratiques, avec un message qu'il a résumé en quelques mots : "Nous sommes prêts pour le changement".

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Luis Flores

PDG et cofondateur de CiberCuba.com. Quand j'ai le temps, j'écris des articles d'opinion sur la réalité cubaine vue sous l'angle d'un émigrant.