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Le Comité contre les Disparitions Forcées des Nations Unies (CED) a exigé à l'État cubain des informations détaillées sur les survivants de l'affrontement armé entre une embarcation en provenance des États-Unis et un navire des Troupes de Garde-Côtes de l'île, survenu le 25 février dernier.
L'organisation de droits de l'homme Cubalex a informé que le CED a émis une demande directe au gouvernement de l'île suite à la plainte portée par l'entité concernant la situation de plusieurs survivants de l'événement survenu au large des côtes de la municipalité de Corralillo, à Villa Clara.
Selon le communiqué diffusé par l'organisation, l'organisme international a accordé un délai jusqu'au 19 mars prochain pour que les autorités cubaines informent du lieu exact des personnes concernées, des charges qui pourraient peser contre elles, des fondements juridiques de leur détention et du procès-verbal officiel correspondant.
Les dossiers enregistrés par le comité sous les numéros AU No. 2240/2026 à 2244/2026 concernent les citoyens cubains Conrado Galindo Sariol, Cristian Ernesto Acosta Guevara, Leordán Enrique Cruz Gómez, Amijail Sánchez González, Roberto Álvarez Ávila et José Manuel Rodríguez Castelló.
Aclara Cubalex que dans le cas de Roberto Álvarez Ávila, l'un des blessés inclus dans l'action urgente, ce est décédé le 4 mars dernier à Cuba.
L'organisation de droits de l'homme a également souligné que des membres de la famille et des représentants légaux des survivants ont tenté pendant plusieurs jours d'obtenir des informations sur leur whereabouts dans des hôpitaux, des unités policières et d'autres institutions étatiques, sans recevoir de confirmation officielle concernant leur localisation ou leur état de santé.
Les autorités cubaines, pour leur part, ont déclaré avoir été en contact, depuis le tout début, avec leurs homologues américains concernant cet événement, une affirmation que le journaliste Wilfredo Cancio a pu corroborer avec une source à Washington, qui lui a également affirmé que “l’enquête sur ce qui s'est passé est en cours de manière approfondie dans le sud de la Floride”.
Selon la documentation envoyée au comité des Nations Unies, lors d'une des tentatives de recherche des membres de la famille, l'hôpital Arnaldo Milián Castro de Santa Clara a été contacté, où l'on a d'abord indiqué qu'un des blessés pourrait se trouver en soins intensifs, puis le centre lui-même a démenti qu'il y soit admis.
Ante la absence d'informations officielles, le 2 mars, les familles et les représentants légaux ont tenté de déposer un recours en Habeas Corpus auprès du Tribunal Provincial Populaire de Camagüey pour obtenir des informations sur leur localisation, rapporte Cubalex. Cependant, selon le dossier soumis, la direction du tribunal a refusé de recevoir la demande en arguant qu'ils ne connaissaient ni n'avaient "rien en rapport avec ce cas".
L'organisation a alors recouru au mécanisme d'Action Urgente prévu à l'article 30 de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, procédure qui permet au comité d'intervenir lorsqu'il existe des indices de disparition liée à une détention non reconnue.
Le cas trouve son origine dans l'incident survenu dans la nuit du 25 février dernier, lorsqu'une embarcation enregistrée en Floride a été interceptée par une unité des Troupes des Garde-frontières du Ministère de l'Intérieur de Cuba aux abords de Cayo Falcones, dans la municipalité de Corralillo, province de Villa Clara.
Selon le communiqué officiel cubain cité par Cubalex, dix personnes se trouvaient à bord de l'embarcation et durant l'opération quatre d'entre elles ont péri, tandis que six autres ont été blessées et ont été arrêtées.
Le CED a indiqué qu'il continuera à suivre le cas jusqu'à ce que le sort et la situation des personnes incluses dans les actions urgentes enregistrées soient éclaircis.
Au milieu des tensions croissantes entre Washington et La Havane, alors que la crise multidimensionnelle sur l'île traverse des moments névralgiques, et que des secteurs à l'intérieur de l'île et parmi les émigrés réclament un changement de régime dictatorial, l'affrontement entre les embarcations a ajouté davantage d'incertitude et d'animosité aux discours politiques de part et d'autre du Détroit de la Floride.
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