Confirment deux autres féminicides à Cuba : le chiffre s'élève à neuf en 2026

Ambulance à Cuba (Image de référence)Photo © Escambray

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Des plateformes indépendantes ont confirmé ce mercredi deux autres féminicides commis à Cuba, portant à neuf le nombre de femmes victimes de la violence machiste sur l'île, un peu plus de deux mois après le début de 2026.

Dans un communiqué conjoint, les observatoires de genre de la revue Alas Tensas (OGAT) et Yo Sí Te Creo en Cuba (YSTCC) ont déploré les décès de Ana Yancy Guillot et Olimpia Pérez au début de ce mois.

Captura de Facebook/Alas Tensas

Guillot, dont l'âge n'a pas été précisé, a été agressée par son partenaire dans la rue, à Pinar del Río, le 7 mars dernier. Elle a été transportée à l'hôpital, où elle est décédée.

À Guillot, il reste une fille majeure et d'autres membres de la famille. OGAT et YSTCC ont souligné l'impact social de la violence féminicide, qui affecte non seulement la famille de la victime, mais aussi celle de l'agresseur et la communauté.

Les deux organisations ont revendiqué que « aucune représaille entre membres de la famille ni justice expéditive » ne soit prise dans cette affaire, car « la violence déclenchée pourrait ne pas avoir de fin ».

L'autre fait vérifié concerne un "féminicide social" survenu le 2 mars dernier. Olimpia Pérez, une femme âgée de 79 ans vivant seule, a été assassinée chez elle dans le village de Mendoza, à Tapaste, province de Mayabeque.

Les plateformes n'ont pas donné plus de détails sur cette affaire, ni précisé si les agresseurs des deux femmes ont été interpellés.

Dans le communiqué, ils ont présenté leurs condoléances aux familles et proches des victimes, tout en sollicitant l'aide de la population pour compléter les informations concernant les deux affaires.

Jusqu'au 11 mars, OGAT et YSTCC ont enregistré neuf féminicides, sept tentatives et le meurtre d'un homme pour des motifs de genre.

Pendant ce temps, ils continuent d'enquêter sur 11 possibles féminicides, quatre tentatives et un assassinat d'homme pour des motifs de genre signalés en 2025, ainsi que quatre possibles féminicides signalés cette année.

La violence machiste a interrompu la vie d'au moins 48 femmes à Cuba en 2025.

Violence croissante et vide institutionnel

En raison de l'absence de mécanismes étatiques efficaces, OGAT et YSTCC ont assumé des fonctions qui incombent à l'État, telles que documenter les féminicides et les tentatives de ceux-ci, enquêter sur les cas et les alertes, maintenir des lignes d'accompagnement actives pour les femmes en danger et leurs familles, et rendre visible la violence machiste.

Le travail de vérification de ces crimes s'avère très difficile dans le contexte cubain, ont réitéré les deux observatoires indépendants. Leurs chiffres ne constituent qu'un sous-enregistrement des cas réels de violence de genre, face au vide d'informations officielles, car l'État continue de "ne pas publier de statistiques complètes, désagrégées et transparentes sur les féminicides", soutiennent-ils.

De plus, à Cuba, il n'existe pas de loi intégrale sur la violence de genre et, bien que le Code pénal fasse référence à la violence machiste, il ne comprend pas de typification autonome du féminicide en tant que délit. Dans le pays, il n'y a pas non plus de refuges ni de protocoles de protection accessibles pour les femmes et les filles en danger.

Ces carences du système « laissent des milliers de femmes exposées à des agresseurs connus —partenaires, ex-partenaires, voisins, membres de la famille— et facilitent l'impunité », ont-ils insisté, et ils s'accordent à dire que la réponse du régime cubain face à la violence croissante contre les femmes est insuffisante.

Depuis 2019 jusqu'au 1er octobre 2025, les observatoires ont documenté 300 féminicides à Cuba.

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