Le gouvernement du Costa Rica a demandé à Cuba de retirer son personnel diplomatique accrédité à San José et de conserver uniquement sa représentation consulaire, tout en confirmant la fermeture de son ambassade à La Havane, dans une décision qui durcit au maximum les relations bilatérales sur le plan politique et diplomatique.
La mesure a été exposée publiquement par le ministre des Affaires étrangères Arnoldo André et soutenue par des déclarations plus fermes du président Rodrigo Chaves.
« Emportez vos diplomates. S'ils souhaitent laisser ici des fonctionnaires du consulat en Costa Rica, ils sont les bienvenus. Nous ne allons pas avoir de consulat là-bas, nous allons les traiter depuis Panama », ont-ils exprimé.
Selon la déclaration du chancelier, l'ambassade du Costa Rica à La Havane n'a pas de personnel diplomatique depuis le 5 février dernier.
André a affirmé que la fermeture de la mission diplomatique constitue “un signal fort de préoccupation” et une invitation à des “changements significatifs” permettant de rétablir, à l'avenir, les conditions nécessaires à une éventuelle normalisation complète des relations diplomatiques.
Dans ce contexte, le gouvernement costaricien a demandé à La Havane de procéder "de manière réciproque" au retrait de son personnel diplomatique au Costa Rica et de laisser uniquement sa représentation consulaire pour s'occuper des citoyens cubains résidant sur le territoire costaricien.
Selon André, la demande est formulée en conformité avec les pratiques internationales qui régissent les relations entre les États. Le ministre des Affaires étrangères a ajouté que le Costa Rica continuera à surveiller attentivement l'évolution de la situation à Cuba.
L'annonce a été accompagnée d'une intervention beaucoup plus directe du président Rodrigo Chaves, qui a affirmé que son gouvernement ne reconnaît pas la légitimité du "régime communiste de Cuba", évoquant le "mauvais traitement", la "répression" et les "conditions indignes" que, selon ses dires, souffrent les habitants de l'île.
« Suffisant, c'est suffisant »
Dans ses déclarations, Chaves a également affirmé que « suffisant est suffisant » et s'en est pris au système politique cubain, qu'il a qualifié de modèle faillible depuis 1959.
Dans son discours, il a évoqué des épisodes tels que le soi-disant "période spéciale" après la chute du bloc socialiste en Europe de l'Est et la dépendance subséquente du Venezuela et de son pétrole, pour soutenir que le régime cubain a survécu en s'appuyant sur d'autres pays sans résoudre la situation interne de l'île.
La décision costaricienne a été présentée comme une réponse à la détérioration des droits de l'homme à Cuba et à l'aggravation de la crise interne, marquée par la répression, les coupures de courant et la pénurie généralisée.
Dans ce même sens, le chancelier André dénonce une augmentation de la persécution contre les activistes, les opposants et les citoyens critiques du gouvernement cubain, ainsi qu'un durcissement des restrictions aux libertés fondamentales telles que l'expression, l'association et la manifestation pacifique.
Il mentionne également la détérioration des conditions de vie en raison du manque de nourriture, de médicaments et de services de base.
Une rupture de facto
Dans le cadre de cette redéfinition de la relation bilatérale, le Costa Rica cherche à limiter la présence cubaine sur son territoire à un plan strictement consulaire, tout en jugeant le fonctionnement normal de sa propre ambassade à La Havane comme inviable.
La mesure constitue donc une rupture diplomatique de facto, bien qu'il ne s'agisse pas d'une suppression totale des liens, car des mécanismes consulaires minimaux seraient maintenus.
Le gouvernement costaricien encadre cette démarche comme un message politique clair à l'intention des autorités cubaines et, en même temps, comme une expression de solidarité avec le peuple de l'île.
Chaves a reconnu que la décision suscitera des critiques, mais il l'a défendue comme une réponse nécessaire face à ce qu'il considère comme une limite inacceptable dans la situation cubaine.
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