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Denis Hernández Ramírez, manifestant du 11J résidant à San Antonio de los Baños, dans la province d'Artemisa, a été renvoyé en prison ce mardi après la révocation de sa liberté conditionnelle, devenant ainsi le septième cas d'une personne libérée en janvier 2025 à retourner dans une cellule.
Ainsi l'ont confirmé des membres de la famille de Hernández Ramírez à l'organisation indépendante Justicia 11J et au quotidien numérique CubaNet, qui a cité dans son rapport des audios du jeune homme avant son arrestation.
Hernández Ramírez a été condamné à six ans de privation de liberté pour des délits présumés de désobéissance et de troubles à l'ordre public après avoir participé aux manifestations des 11 et 12 juillet 2021. Il a été libéré en janvier 2025 dans le cadre de l'accord négocié entre le gouvernement cubain et le Vatican, qui prévoyait la libération de 553 personnes, et il figurait à la 35e position de la liste officielle des libérations.
La citation a été remise à sa mère lundi après-midi, avec à peine 12 heures de préavis, pour qu'elle se présente à 8h00 le 24 mars à l'Unité Provinciale des Opérations Criminelles du Minint, connue sous le nom de Técnico de Cuatro Caminos, à Guanajay.
Le document, manuscrit, l'appelait "dans le but d'un entretien" et avertissait : "En cas de non-présentation, il sera passible d'amendes ou recherché pour désobéissance."
Avant d'y aller, Hernández Ramírez a envoyé des audios à CubaNet dans lesquels il a anticipé qu'il était "très probable" qu'il soit maintenu en détention "pour le plaisir". Il a également dénoncé la violation du délai établi pour réaliser la citation : "J'ai compris que c'est trois jours ouvrables et ils l'ont fait avec à peine 12 heures de préavis".
Sa mère a confirmé ce qu'il craignait avec un message recueilli par Justicia 11J et Martí Noticias : "Ils m'ont révoqué mon enfant sans aucune explication." Selon des informations reçues par la famille, le Parquet provincial aurait ordonné cette mesure.
La cause de la révocation, selon Justicia 11J et le journaliste indépendant José Raúl Gallego, était les publications de Hernández Ramírez sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il dénonçait la surveillance, le harcèlement et les menaces de la police politique après sa libération.
Après avoir été libéré, "il a été soumis à des convocations, des menaces et du harcèlement de la part de la Sécurité de l'État", a dénoncé Gallego.
La révocation de la mesure, "alors que les 51 nouvelles libérations annoncées par le régime cubain ce mois-ci ne sont même pas encore complètes, est une nouvelle illustration de la fragilité de ce type de traitement et de l'inefficacité de baser des négociations avec la dictature uniquement sur des libérations graduelles qui sont ensuite annulées tout en continuant à fabriquer de nouveaux prisonniers politiques", a averti le journaliste cubain, en référence à l'annonce faite par le gouvernement castriste le 12 mars de "libérer dans les prochains jours 51 personnes condamnées à une privation de liberté".
L' Observatoire Cubain des Droits de l'Homme (OCDH) a souligné que "ce cas est le reflet de la fragilité des libérations à Cuba, soumises à des conditions restrictives et à des décisions pouvant être renversées sans garanties ni transparence."
Elle a dénoncé de telles pratiques comme des "formes de contrôle sur les personnes libérées pour des raisons politiques", tout en exigeant la libération de tous les prisonniers politiques à Cuba.
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