Pour le Venezuela, l'Iran et Cuba, Donald Trump écoute son secrétaire d'État. C'est ce qu'affirme un long profil de Marco Rubio publié ce lundi par The Economist sous le titre "Le caméléon dans la salle de guerre", qui analyse l'influence croissante du chef de la diplomatie américaine sur le président dans les questions les plus sensibles de la politique étrangère.
L'analyse de la revue britannique arrive à un moment d'activité diplomatique intense. Trump a confirmé que Cuba parle avec Rubio et qu'ils agiront très bientôt, décrivant les conversations comme "surprenantes amicales". Dans le même temps, le président a qualifié Cuba de pays "au bout du chemin, sans argent ni pétrole".
Marco Rubio, fils d'immigrants cubains et le premier Latino à occuper le poste de secrétaire d'État, a construit une vision géopolitique articulée autour de ce qu'il considère comme un axe de régimes autoritaires interconnectés.
Sobre Cuba a été direct en soulignant que "le fond du problème est que son économie ne fonctionne pas", et a insisté sur le fait que l'île a besoin de "nouvelle direction".
Récemment, Rubio a démenti la version de The New York Times qui évoquait une transition laissant le pouvoir de la famille Castro intact, rejetant catégoriquement ce scénario comme acceptable pour Washington.
En ce qui concerne le front vénézuélien, Rubio a été l'architecte politique de la capture de Nicolás Maduro en janvier 2026. Devant des dirigeants caribéens, il a défendu l'action en affirmant que "le Venezuela va mieux aujourd'hui" avec des avancées "substantielles" en à peine huit semaines.
Le secrétaire a élaboré un plan en trois étapes pour le Venezuela —stabilisation par le biais d'un blocus pétrolier, récupération avec l'accès d'entreprises occidentales et transition vers des élections libres—.
Il a également souligné que Cuba est le véritable pouvoir derrière le régime vénézuélien. "Ce sont les Cubains, pas les Vénézuéliens, qui veillaient sur Maduro", a-t-il affirmé, décrivant la situation comme une "colonisation interne".
En ce qui concerne l'Iran, Rubio a été le principal promoteur d'une politique de pression maximale exigeant le démantèlement complet du programme nucléaire, sans enrichissement d'uranium, avec des inspections totales de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique et sans clauses d'expiration.
Les négociations entre les États-Unis et l'Iran lancées en 2025 ont échoué en février 2026 après un ultimatum de dix jours que Téhéran n'a pas respecté. Rubio a alors averti que l'Iran possède 450 kilogrammes d'uranium enrichi à 60%, à quelques semaines d'atteindre le niveau d'armement.
La paradoxe soulignée par The Economist est que Rubio, qui en 2016 a qualifié Trump "d'artiste de l'escroquerie" et a prédit que son gouvernement serait "chaotique", montre aujourd'hui une attitude "étudiée et déférente" envers le président. Trump, pour sa part, a répondu en affirmant que Rubio "passera à l'histoire comme le meilleur secrétaire d'État de tous les temps".
Sur le plan cubain, le régime a fait quelques concessions initiales, comme l'annonce de la libération de 51 prisonniers suite à un dialogue avec le Vatican et l'autorisation donnée au FBI d'enquêter sur un incident impliquant une embarcation en provenance de Floride, mais il maintient ses lignes rouges. Les prisonniers politiques et le système politique, selon La Havane, "ne sont pas négociables".
Néanmoins, Cuba envisagerait de compenser les propriétés confisquées après la Révolution de 1959, un signe que certains interprètent comme une ouverture tactique face à la pression croissante de Washington.
La stratégie de négociation dans les discussions États-Unis-Cuba continue d'être analysée, tandis que Rubio soutient que les réformes partielles proposées par La Havane ne sont pas suffisantes pour parvenir à un accord qui allégerait la pression sur l'île.
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