La tension monte entre Trump et Pedro Sánchez : l'Espagne ferme son espace aérien aux avions des États-Unis dans la guerre avec l'Iran



Donald Trump (i) et Pedro Sánchez (d)Photo © Colllage X/La Maison Blanche - YouTube/capture d'écran-Europa Press

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Le gouvernement d'Espagne a décidé de durcir sa position face à l'offensive militaire menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, en fermant son espace aérien aux avions américains impliqués dans le conflit, une décision qui accroît encore la tension diplomatique entre Madrid et Washington.

Selon ce qu'a confirmé l'agence EFE, le Gouvernement n'a pas seulement rejeté l'utilisation des bases militaires de Rota (Cádiz) et Morón de la Frontera (Séville), mais a également interdit le transit dans l'espace aérien espagnol aux avions américains participant à l'opération militaire, même s'ils sont déployés dans d'autres pays européens.

La décision, adoptée depuis le début de l'offensive, reflète une position ferme du gouvernement de Pedro Sánchez face à une guerre qu'il considère illégitime.

La ministre de la Défense, Margarita Robles, a été catégorique en expliquant l'ampleur de la mesure.

“Dès le premier moment, il a été clairement indiqué à l'Armée américaine et aux forces américaines que les bases n'étaient pas autorisées et, bien sûr, l'utilisation de l'espace aérien espagnol pour des actions liées à la guerre en Iran n'était pas non plus autorisée.”, a-t-il affirmé.

Robles a insisté sur le fait que la position de l'Exécutif est "très claire", en considérant le conflit comme "profondément illégal et profondément injuste".

Dans ce sens, il a souligné que l'Espagne “ne va en aucun cas autoriser, ni ne l’a fait, ni ne le fait, ni ne le fera l’utilisation des bases de Rota et de Morón pour aller en guerre contre laquelle nous sommes totalement opposés.”

Escalade de tension avec Washington

La négative espagnole a suscité une réaction particulièrement ferme de la part du président américain, Donald Trump, qui a fait de l'Espagne l'un des principaux sujets de ses critiques au sein de l'OTAN.

Dès les premiers jours du conflit, Trump a menacé de représailles économiques sévères.

Lors d'une apparition depuis la Maison Blanche, il a averti qu'il est prêt à "coup er toute relation commerciale avec l'Espagne" et a affirmé : "Personne ne me dira si je peux utiliser ces bases ou non".

Le dirigeant est allé encore plus loin en qualifiant l'Espagne de « peuple fantastique mais allié terrible », et a réaffirmé que « nous ne voulons rien avoir à voir avec eux ».

Les déclarations n'ont pas été un épisode isolé.

Quelques jours plus tard, Trump a de nouveau attaqué le gouvernement espagnol, insistant sur le fait qu'ils "ne coopèrent absolument pas" et avertissant une fois de plus : "Je pourrais couper tout le commerce avec eux".

Dans le même ton, il a ajouté : « Le peuple espagnol est fantastique, mais son leadership est terrible ».

L'origine du conflit : Bases militaires et guerre au Proche-Orient

Le déclencheur de la crise diplomatique a été le refus de l'Espagne d'autoriser l'utilisation des bases de Rota et de Morón pour l'opération militaire dénommée lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l'Iran.

Madrid a invoqué le traité bilatéral de défense de 1988, qui exige une autorisation expresse pour toute utilisation de ces installations en dehors du cadre de l'OTAN.

En conséquence, Washington a réaffecté une partie de son déploiement militaire, déplaçant des avions ravitailleurs vers des bases en Allemagne et d'autres endroits en Europe.

Le gouvernement espagnol a réitéré que “ni depuis Morón ni depuis Rota, aucune action de maintenance ou de soutien” n’a été réalisée ni ne sera effectuée en faveur des attaques contre l’Iran, démentant même les déclarations de la Maison Blanche qui évoquaient une prétendue coopération.

Guerre ouverte et répercussions internationales

L'affrontement entre l'Espagne et les États-Unis a lieu au milieu d'une guerre qui dure déjà plus d'un mois et qui a provoqué une instabilité croissante au Moyen-Orient.

Au cours des premiers jours du conflit, Israël a attaqué plus de 1 700 cibles sur le territoire iranien, y compris des installations nucléaires clés. L'Iran a réagi par des attaques qui ont atteint des zones centrales d'Israël et des objectifs liés aux intérêts américains dans la région.

L'escalade militaire a également eu un impact immédiat sur les marchés financiers, avec des baisses supérieures à 3 % dans les principales bourses européennes au cours des premiers jours de conflit.

Pendant ce temps, le gouvernement espagnol a activé des opérations pour évacuer ses citoyens de la zone. Parmi eux, un groupe de pèlerins qui était resté bloqué à Jérusalem et qui a été transféré à Madrid depuis Le Caire.

Un pouls politique avec des implications économiques

Au-delà du domaine militaire, le conflit a ouvert un front économique de grande envergure.

L'échange commercial entre l'Espagne et les États-Unis avoisine 46 milliards de dollars par an, avec des exportations espagnoles proches de 16 milliards, notamment dans les secteurs agroalimentaires et industriels.

De plus, l'Espagne dépend d'environ 40 % du gaz naturel liquéfié provenant des États-Unis, ce qui transforme toute menace de rupture commerciale en un risque significatif.

À cela s'ajoute la pression de Washington pour que l'Espagne augmente ses dépenses de défense jusqu'à 5 % du PIB, une exigence que le gouvernement de Sánchez rejette, défendant que les 2 % atteints en 2025 respectent les engagements pris.

Dans ce contexte, la décision de fermer l'espace aérien et de refuser l'utilisation des bases militaires ne reflète pas seulement une position politique face à la guerre, mais place l'Espagne au cœur d'une crise diplomatique de haute intensité avec son principal allié au sein de l'OTAN.

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