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La Garde Côtière des États-Unis permettra au pétrolier russe Anatoly Kolodkin, chargé d'environ 730 000 barils de pétrole brut, d'arriver à Cuba sans être intercepté, a rapporté ce dimanche un responsable américain au quotidien The New York Times.
Le navire, propriété du gouvernement russe, se trouvait à moins de 15 milles des eaux territoriales cubaines dimanche après-midi, selon les données de MarineTraffic, et naviguait à 12 nœuds.
Se prévoit qu'il entre dans les eaux cubaines ce même dimanche soir et qu'il atteigne sa destination au port de Matanzas ce mardi.
L'arrivée du pétrole russe représente le premier approvisionnement énergétique significatif que reçoit Cuba depuis au moins trois mois, au milieu de la crise énergétique la plus grave que l'île ait connue depuis des décennies.
Selon des analystes cités par le Times, l'arrivée du navire changerait le cours d'une crise qui s'accélère rapidement à Cuba, donnant à l'île au moins quelques semaines avant que ses réserves de combustible ne s'épuisent complètement.
Le Anatoly Kolodkin a quitté le port russe de Primorsk le 8 mars et a traversé l'Atlantique escorté en partie de son trajet par un navire de guerre russe, ce que les analystes ont interprété comme une provocation délibérée de Moscou envers Washington.
Des navires de guerre américains, y compris le USAV Wilson Wharf et le garde-côtes CG Tahoma, ont été déployés près du nord de Cuba alors que le pétrolier s'approchait, bien qu'ils ne l'aient finalement pas intercepté.
Depuis le 9 janvier 2026, l'île ne reçoit plus d'approvisionnements réguliers en pétrole : le Venezuela a cessé d'envoyer du brut après l'arrestation du président Nicolás Maduro par des forces américaines, et le Mexique a suspendu les expéditions de Pemex face aux menaces de sanctions de Washington.
Le déficit électrique à Cuba a atteint entre 1 700 et 2 040 mégawatts par jour en mars, avec des coupures de courant dépassant 30 heures. Le 16 mars, seuls 1 140 mégawatts étaient disponibles face à une demande de 2 347 mégawatts.
La décision de ne pas intercepter l'Anatoly Kolodkin soulève des questions sur la direction de la politique de pression maximale de Washington envers La Havane.
Le Times a souligné qu'il n'était pas clair pourquoi la Maison Blanche a décidé maintenant de laisser la Russie exporter du pétrole vers Cuba, ni si elle autorisera de futurs envois de pétrole russe vers l'île.
Le journal a également indiqué que la décision évite une potentielle confrontation délicate avec la Russie juste au large des côtes de la Floride.
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