Un pétrolier russe sanctionné avec 730 000 barils de brut arrivera ce lundi à Cuba



Tanquero russe Anatoly KolodkinPhoto © VesselFinder

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Le pétrolier russe Anatoly Kolodkinn, qui transporte 730 000 barils de brut et est sanctionné par les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni, se trouvait ce dimanche au nord d'Haïti, en direction du port de Matanzas, et arrivera ce lundi au port de Matanzas, dans l'ouest de Cuba.

L'agence de presse AFP a rapporté que le navire, propriété de la compagnie maritime d'État russe Sovcomflot, a quitté le port balte de Primorsk le 8 mars dernier déclarant faussement comme destination Atlantis, USA, selon la société d'analyse maritime Kpler.

Il a été escorté par un navire de la Marine russe à travers le canal de la Manche, bien que les deux embarcations se soient séparées une fois que le pétrolier a pénétré dans l'océan Atlantique, selon la Marine royale britannique.

L'envoi représente le premier grand chargement de combustible à arriver à Cuba depuis plus de trois mois, en plein milieu d'une crise énergétique sans précédent que le régime de Miguel Díaz-Canel n'a pas pu résoudre.

Depuis le 9 janvier 2026, l'île ne reçoit plus d'approvisionnements stables en pétrole : le Venezuela a cessé d'expédier du brut après la capture du président Nicolás Maduro par des forces américaines, et le Mexique a suspendu les envois de Pemex face aux menaces de sanctions de Washington.

Le déficit électrique à Cuba a atteint entre 1 700 et 2 040 mégawatts par jour en mars, avec des coupures de courant dépassant les 30 heures. Le 16 mars, il n'y avait que 1 140 mégawatts disponibles face à une demande de 2 347 mégawatts.

C'est pourquoi le dirigeant Díaz-Canel a imposé des mesures d'urgence qui incluent un rationnement strict de l'essence. Les prix des combustibles ont explosé, les transports publics ont été considérablement réduits et certaines compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers l'île.

Washington a répondu par une stratégie de pression directe. Le 12 mars, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Département du Trésor a émis une licence qui exclut explicitement Cuba de recevoir du pétrole russe.

De plus, deux cutter de la Garde côtière ont été positionnés au large de la côte nord-est de Cuba pour une possible interception, et le Commandement Sud a reconnu qu'il surveillait l'Anatoly Kolodkin, bien qu'il ait estimé que sa cargaison fournirait tout au plus deux semaines de ravitaillement.

Cette pression a déjà réussi à détourner d'autres navires : l'Ocean Mariner a modifié son cours en février, le Bella-1 a été saisi en janvier, et le Sea Horse s'est dévié vers le Venezuela fin mars avec environ 190 000 barils de diesel russe.

Le président Trump avait menacé d'imposer des tarifs douaniers à tout pays qui enverrait du pétrole à Cuba et avait même suggéré la possibilité de "prendre" l'île. La Russie, quant à elle, a qualifié l'envoi de l'Anatoly Kolodkin de "aide humanitaire".

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