Trump a levé l'embargo pétrolier sur Cuba et a permis les envois depuis "n'importe quel pays"



Donald Trump et drapeau cubain (Image d'IA)Photo © CiberCuba / Sora

Le président Donald Trump a annoncé dimanche que son administration permettra l'arrivée du pétrolier russe Anatoly Kolodkin à Cuba, un navire sanctionné transportant entre 700 000 et 730 000 barils de brut, marquant un tournant dans la politique de pression énergétique maximale que Washington avait imposée sur l'île depuis janvier.

Al demandé par un journaliste à bord de l'Air Force One, Trump a répondu sans détour : Si un pays veut envoyer un peu de pétrole à Cuba, je n'ai aucun problème avec ça.

La déclaration va au-delà du cas spécifique de Kolodkin : le président a étendu la permissivité à toute origine, ce qui, dans la pratique, lève le blocus pétrolier qu'il avait lui-même instauré par le biais de l'Ordre Exécutif 14380, signé le 29 janvier dernier.

Trump justifia sa décision avec un argument humanitaire : "Je préfère le laisser entrer, qu'il vienne de la Russie ou de tout autre pays, car les gens ont besoin de chauffage, de climatisation et de toutes les autres choses dont ils ont besoin."

Lorsque qu'un journaliste lui a demandé s'il craignait que la mesure profite au président russe Vladimir Putin, Trump l'a écartée : "Cela ne l'aide pas. Il perd un pétrolier. C'est tout ce que c'est. Ça ne me dérange pas."

En même temps, le dirigeant a été catégorique sur l'avenir du régime : "Cuba est finie. Ils ont un mauvais régime. Ils ont un leadership très mauvais et corrompu. Et s'ils reçoivent ou non un bateau de pétrole, cela ne va pas avoir d'importance."

La Garde côtière américaine, qui avait au moins deux navires déployés au nord de Cuba, a reçu des instructions de ne pas intercepter le pétrolier, selon des sources citées par The New York Times.

L'Anatoly Kolodkin, sanctionné par les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni, a quitté le port russe de Primorsk le 8 mars avec une destination déclarée fictive et a accosté ce lundi au port de Matanzas, selon ce qu'a confirmé le ministère des Transports russe.

Selon le journaliste spécialisé du Département d'État Eric Martin, l'autorisation n'a pas été unilatérale : Washington aurait donné son accord pour le pétrole russe seulement après que La Havane ait autorisé l'approvisionnement en carburant pour les générateurs de l'ambassade des États-Unis à La Havane, qui n'avait pas eu accès au carburant depuis des semaines.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a confirmé que la question avait été communiquée auparavant à Washington : "Cette question a été soulevée à l'avance lors des contacts avec nos partenaires américains."

Le soulagement que provoquera la cargaison sera limité et temporaire.

L'expert Jorge Piñón, de l'Université du Texas, estime que cela couvre au maximum deux semaines de fournitures pour Cuba, qui ne produit que 40 000 barils par jour alors qu'elle en a besoin de 110 000.

La crise énergétique résultant du blocus a généré des coupures de courant touchant jusqu'à 64 % du pays, avec des déficits de production dépassant 2 000 MW et des interruptions allant jusqu'à 25 heures par jour.

Trump a également réaffirmé ce dimanche sa prévision concernant l'effondrement du régime et le rôle que Washington jouera : "Dans peu de temps, cela va échouer, et nous serons là pour aider."

Peskov, pour sa part, a anticipé que Moscou ne s'arrêtera pas : "Dans la situation désespérée dans laquelle se trouvent actuellement les Cubains, cela ne peut pas nous laisser indifférents, donc nous continuerons à travailler sur cela."

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