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La écrivaine cubaine exilée Zoé Valdés Valdés interprète l'autorisation de Donald Trump permettant au pétrolier russe Anatoly Kolodkin d'accoster à Cuba non pas comme un geste humanitaire, mais comme un élément de la négociation géopolitique entre Washington et Moscou dans le cadre des pourparlers de paix sur l'Ukraine.
Le navire, appartenant à la compagnie maritime d'État russe Sovcomflot -sancionnée par les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni depuis 2024-, a accosté au port de Matanzas avec entre 700 000 et 730 000 barils de brut, constituant la première cargaison de pétrole à arriver sur l'île en plus de trois mois.
Trump a déclaré qu'il n'avait pas d'objections si un pays veut envoyer du pétrole à Cuba, une position que Valdés inscrit dans une logique de concessions réciproques entre les États-Unis et la Russie.
Je pense que cela a à voir avec la guerre en Ukraine, car Trump et Marco Rubio n'ont pas l'Ukraine en tête, (...) et ils sont encore en négociations avec Poutine, a-t-il souligné, insistant sur le fait que le permis d’accostage du pétrolier doit être considéré comme une pièce de plus sur l'échiquier des négociations de paix entre les grandes puissances.
En ce contexte, il a souligné que Poutine est l'instructeur d'Alejandro Castro Espín, renforçant sa thèse selon laquelle l'influence russe sur La Havane va bien au-delà de l'approvisionnement énergétique.
L'écrivaine a rappelé qu'initialement, la Russie avait envoyé deux navires, et que Trump n'en avait laissé passer qu'un seul.
"Ça ne va pas arriver au peuple cubain (...) et comme toujours, ils vont faire ce qu'ils font, ils vont prendre le pétrole, ils vont s'approprier le pétrole pour eux, ils ne donneront absolument rien au peuple cubain", a-t-il souligné.
Valdés a également souligné l'opacité des négociations entre Washington et le régime cubain comme un élément qui complique la compréhension de l'ampleur réelle de ces mouvements diplomatiques.
"Marco Rubio a déclaré qu'il n'y a pas de lien direct avec Alejandro Castro Espín, et on ne sait pas non plus si c'est avec le Cangrejo. Il n'y a pas de transparence à ce sujet. (...) Il est également vrai qu'il se peut que les stratégies ne soient pas transparentes, car elles ne l'ont pas été avec le Venezuela et le tyran est déjà là où il en est", a souligné.
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