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La vice-chancelière cubaine Josefina Vidal a déclaré ce mardi à l'agence AFP que les conversations entre Cuba et les États-Unis en sont à une étape préliminaire et sans structure formelle.
"Nous sommes à une phase très préliminaire, très initiale, et il n'existe pas encore de négociation structurée entre les deux gouvernements", a-t-il affirmé.
Vidal a fait ces déclarations lors d'une manifestation de femmes à La Havane convoquée pour dénoncer les effets des sanctions économiques américaines contre l'île.
La vice-ministre, de 65 ans, est l'une des principales architectes du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 2015, sous les gouvernements de Raúl Castro et Barack Obama, et a été désignée comme l'une des interlocutrices de l'équipe du Secrétaire d'État Marco Rubio lors de contacts secrets.
Le gouvernement cubain avait confirmé officiellement le 13 mars l'existence de conversations avec Washington pour chercher "des solutions par la voie du dialogue aux différences bilatérales".
Ce même jour a commencé l’excarcération des prisonniers politiques dans le cadre d’un accord médié par le Vatican, avec au moins 20 libérés à cette date.
Le 2 avril, le régime a annoncé l'amnistie de plus de 2 000 prisonniers, bien que des organisations de droits de l'homme comme Prisoners Defenders aient confirmé que aucun des bénéficiaires n'était un prisonnier politique.
Le contexte dans lequel se déroulent ces conversations est d'une tension bilatérale maximale.
Depuis la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines en janvier, Cuba a perdu entre 80 et 90% de ses importations de pétrole, ce qui a aggravé une crise énergétique avec des coupures de courant allant jusqu'à 25 heures par jour.
Trump a également signé un décret exécutif imposant des tarifs à tout pays qui fournit du pétrole à l'île, bien que la semaine dernière Washington ait autorisé le passage d'un pétrolier russe avec 730 000 barils de brut vers le port de Matanzas.
Les représentants démocrates Pramila Jayapal et Jonathan Jackson, après une visite de cinq jours à Cuba durant laquelle ils ont rencontré Díaz-Canel lundi, ont également décrit la situation comme étant des contacts préliminaires entre les gouvernements, mais pas de négociations formelles.
Vidal a contrasté le moment actuel avec le processus de 2015, qui a avancé rapidement et avec la volonté politique des deux parties. "Nous avons travaillé pour créer une relation qui n'était pas exempt de différences, mais qui ne mettait pas ces différences au centre", a-t-il rappelé.
Malgré le contexte défavorable, la vice-ministre a insisté sur le fait que "Cuba a toujours cru au dialogue" et "non à la confrontation".
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