Díaz-Canel remet en question une question d'un journaliste américain : "C'est le Département d'État qui te l'a donnée."



Miguel Díaz-Canel lors d'une interview avec Meet The Prees.Photo © Captura de Video/Youtube/NBC

Miguel Díaz-Canel a réagi avec irritation ce jeudi lors de sa première interview avec une chaîne de télévision américaine lorsque la journaliste Kristen Welker, du programme "Meet the Press" de NBC News, lui a demandé s'il serait "prêt à démissionner pour sauver son pays".

Le président cubain a répondu par deux contre-questions : "Posez-vous cette question à Trump ?" et si la question "venait du Département d'État des États-Unis", ce qui a constitué le moment le plus tendu de l'échange qui a eu lieu à La Havane.

Díaz-Canel a catégoriquement rejeté toute possibilité d'abandonner le pouvoir : "Démissionner ne fait pas partie de notre vocabulaire".

Le dirigeant a également défendu ce qu'il a qualifié de souveraineté cubaine : "À Cuba, ceux qui occupent des postes de leadership ne sont pas élus par le gouvernement américain et n'ont pas de mandat de ce gouvernement. Nous avons un État libre et souverain. Nous jouissons d'autodétermination et d'indépendance, et nous ne sommes pas soumis aux desseins des États-Unis."

Il a également insisté sur le fait que les dirigeants cubains "sont choisis par le peuple, bien qu'il existe un récit qui tente d'ignorer cela", et a affirmé que "chacun d'entre nous, avant d'assumer un rôle de leadership, doit être élu au niveau populaire dans son district électoral par des milliers de Cubains".

Cuba fonctionne, cependant, sous un système de parti unique qui n'autorise pas l'existence de partis d'opposition. Tous les candidats à l'Assemblée nationale doivent appartenir au Parti communiste, et il n'existe pas d'opposition politique légale ni de réelle transparence dans le processus électoral.

La entrevista a une valeur historique exceptionnelle. La dernière fois qu'un leader cubain est apparu dans "Meet the Press" était Fidel Castro en 1959.

L'échange se produit au milieu d'une montée de pression sans précédent de l'administration Trump. Le secrétaire d'État Marco Rubio a qualifié Cuba de "désastre" et a affirmé que "les Cubains ne peuvent réussir que s'ils quittent le pays", conditionnant tout changement au départ de ceux qui sont "aux commandes". Trump, de son côté, a qualifié Cuba de "nation en faillite" et a suggéré en février la possibilité "d'un transfert de pouvoir amical, ou cela pourrait ne pas l'être".

Rubio a également rejeté les arguments du régime concernant la pénurie énergétique, affirmant que il n'existe aucun blocus naval autour de Cuba et que le pays n'a pas de combustible "parce qu'il le veut gratuitement, et personne ne donne de pétrole ni de combustible, à moins que l'Union soviétique ou Maduro ne les subventionnent."

L'île traverse sa pire crise énergétique depuis des années, avec des coupures de courant allant jusqu'à 30 heures par jour, des déficits de production électrique supérieurs à 1 800 mégawatts et une pénurie chronique de nourriture et de médicaments. La situation s'est aggravée après l'interruption de l'approvisionnement pétrolier vénézuélien, suite à l'arrestation du président Nicolás Maduro par des forces spéciales américaines en janvier.

Le premier segment de l'interview a été diffusé ce jeudi ; la version prolongée sera transmise dimanche dans "Meet the Press".

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