Le comble : Cuba choisie pour le comité des ONG de l'ONU



Comité des ONG de l'ONUPhoto © International Service for Human Rights

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Cuba a été élue ce vendredi par acclamation en tant que membre du Comité des Organisations Non Gouvernementales (ONG) du Conseil Économique et Social de l'ONU (ECOSOC), pour la période 2027-2030, malgré le fait qu'elle soit l'un des pays au monde où la société civile indépendante est de facto prohibée.

Le chancelier Bruno Rodríguez Parrilla a célébré la nouvelle sur le réseau social X : "Ce résultat reconnaît l'action de Cuba dans la promotion de la participation d'organisations non gouvernementales authentiques de toutes les régions dans les travaux de l'Organisation des Nations Unies".

La paradoxe est difficile à ignorer : le régime cubain ne permet pas l'existence d'ONG indépendantes sur son propre territoire.

La Loi sur les Associations (Loi 54/1985) exige un enregistrement obligatoire auprès du Ministère de la Justice, qui refuse systématiquement la personnalité juridique à toute organisation non affiliée au Parti Communiste de Cuba (PCC). Opérer sans cet enregistrement constitue le délit pénal d'« association illicite ».

Les seules organisations qui fonctionnent à Cuba sont celles appelées "organisations de masse" contrôlées directement par le PCC : les Comités de Défense de la Révolution (CDR), la Fédération des Femmes Cubaines (FMC), la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC) et l'Union des Jeunes Communistes (UJC).

Recevoir des fonds externes sans autorisation de l'État peut être puni comme un "acte contre la Sécurité de l'État", ce qui transforme toute tentative de financement d'une organisation civile indépendante en un risque pénal.

Le moniteur CIVICUS classe Cuba dans la catégorie la plus restrictive possible : "fermé".

Loin de favoriser la participation de la société civile, Cuba a été signalée aux côtés de Nicaragua, Chine, Pakistan et Turquie pour utiliser leur position au sein du Comité des ONG de l'ECOSOC pour bloquer et retarder les demandes d'accréditation d'organisations qui critiquent leurs gouvernements.

Un exemple concret est Cubalex, une organisation juridique indépendante cubaine qui a été perquisitionnée en 2016 et déclarée illégale par le ministère de la Justice pour ne pas avoir le registre que l'État lui refusait.

À décembre 2025, Prisoners Defenders a documenté 1 197 prisonniers politiques à Cuba, parmi lesquels 130 activistes, 22 artistes et 10 journalistes. En avril 2026, la même organisation a dénoncé des centaines de nouvelles arrestations survenues en mars, contredisant les annonces officielles d’amnistie et de clémence.

Ce n'est pas la première fois que le régime occupe une position contradictoire à l'ONU : en octobre 2023, il a été réélu au Conseil des droits de l'homme, ce qui a suscité des critiques de la part de Human Rights Watch, d'Amnesty International et du Conseil pour la Transition Démocratique à Cuba.

Le Comité des ONG du ECOSOC, établi en 1946 et composé de 19 membres élus par représentation géographique, a pour fonction d'accréditer et de recommander quelles organisations de la société civile obtiennent le statut consultatif auprès de l'ONU, un rôle que Cuba exercera à partir de 2027 tout en maintenant sa propre société civile sous répression systématique.

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