Lancent une campagne internationale "Une photo avec Luisma" pour exiger la libération d'Otero Alcántara



Luis Manuel OteroPhoto © Rialta

Vidéos associées :

Le Studio Luis Manuel Otero Alcántara a lancé la campagne internationale "Une photo avec Luisma", une invitation à des personnes du monde entier à partager sur les réseaux sociaux des photographies qu'elles ont prises avec l'artiste et prisonnier politique cubain, comme moyen de pression pour exiger sa libération inconditionnelle.

L'initiative survient quelques jours après que l'on ait confirmé qu'Otero Alcántara a mis fin le 6 avril à sa plus récente grève de la faim qui a duré huit jours dans la prison de haute sécurité de Guanajay, dans la province d'Artemisa.

La campagne a été lancée simultanément depuis Miami et Madrid, coordonnée par Yanelys Núñez Leyva et Claudia Genlui Hidalgo, collaboratrices historiques de l'artiste et du Mouvement San Isidro.

Quiconque possède une photographie avec Otero Alcántara — une rencontre fortuite, une exposition ou un simple portrait — est invité à la publier sur ses réseaux sociaux en précisant la date et le lieu où elle a été prise, en utilisant les hashtags #UnePhotoAvecLuisma et #FreeLuisma.

L'objectif, selon le communiqué du Studio, est "de créer un dossier visuel avec ces images et de donner de la visibilité à l'injustice que le régime a commise contre lui".

La grève de la faim qui a précédé le lancement de la campagne a été motivée par des menaces directes d'agents du Département 21 de la Sécurité de l'État, qui en mars dernier lui ont dit lors d'une inspection en prison : "On va te tuer ici".

Otero Alcántara aussi craignait que sa condamnation soit prolongée illégalement au-delà des cinq ans initialement imposés.

La organisation Cubalex a soutenu que, en ajoutant le temps de détention provisoire et les réductions pour bonne conduite, la peine de l'artiste est déjà purgée, ce qui rend sa détention actuelle illégale.

Le 23 mars, le Tribunal Provincial Populaire d'Artemisa a rejeté une demande de habeas corpus présentée par Cubalex pour exiger sa libération immédiate. Otero Alcántara n'a également pas été inclus dans le gracié présidentiel annoncé par le régime récemment.

L'artiste a été arrêté le 11 juillet 2021 alors qu'il tentait de rejoindre les manifestations historiques du 11J, et a été condamné en juin 2022 à cinq ans de prison pour outrage aux symboles patriotiques, désobéissance et troubles à l'ordre public.

Malgré l'enfermement, il n'a pas cessé de créer : depuis Guanajay, il a développé des séries de dessins comme Payasos, le Portrait au charbon du chat de Schrödinger et la performance Maferefun.

Son cas a generé une large réponse internationale. L'ONU a déclaré son arrestation arbitraire en 2022, Amnesty International le reconnait comme prisonnier de conscience, et plus de 300 personnalités culturelles ont exigé sa libération.

Le 11 juillet prochain, Otero Alcántara aura passé cinq ans en prison, une date que l'Estudio considère comme urgente pour maintenir la pression : "Cette solidarité non seulement aide à exercer une pression sur le régime, mais représente également un grand soutien pour quelqu'un qui est en détention pour des motifs politiques."

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.