Des dirigeants syndicaux du régime à Guantánamo ont appelé les travailleurs à "défendre la patrie, la souveraineté et l'indépendance" lors du Premier Mai, lors d'un acte de convocation marqué par le discours politique habituel.
La déclaration a été faite par Juana Eglis Fernández Louit, secrétaire générale de la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC) dans la province, lors de la présentation officielle de la journée dans l'est du pays.
L'événement s'est tenu dans une entreprise de Flora et Fauna, reconnue comme Vanguardia Nacional du syndicat agroalimentaire, et a réuni des cadres syndicaux pour annoncer le programme d'activités.
Selon des images diffusées par la chaîne d'État Canal Caribe, l'événement a été qualifié de « combatif et patriotique », en accord avec le slogan officiel « La Patrie se défend », promu par le régime pour la mobilisation du 1er mai 2026.
Parmi les activités prévues figurent des travaux bénévoles, des dons de sang, des courses et des défilés, lors d'une journée également consacrée au centenaire de la naissance de Fidel Castro et au XXII Congrès de la CTC.
La convocation nationale a été présentée le 12 avril par l'organisation syndicale officielle. Lors de cet acte, le dirigeant Osnay Miguel Colina Rodríguez a appelé à célébrer un Premier Mai "qui nous ébranle en tant que pays", en faisant appel à l'unité et à l'engagement.
Le premier Manuel Marrero Cruz a rejoint le 14 avril via ses réseaux sociaux, décrivant la journée comme une réaffirmation révolutionnaire, d'unité et d'engagement, et affirmant que défendre la Révolution signifie contribuer.
La convocation a lieu dans le contexte de la pire crise énergétique et économique de Cuba depuis des décennies, aggravée après la capture de Nicolás Maduro en janvier 2026, qui a interrompu les envois de pétrole vénézuélien de 25 000 à 30 000 barils par jour, et la suspension des approvisionnements mexicains sous pression des États-Unis.
Les économistes indépendants prévoient une contraction du Produit Intérieur Brut cubain de 7,2 % en 2026, avec 89 % de la population vivant dans une situation d'extrême pauvreté.
Loin d'être une célébration autonome des travailleurs, le Premier Mai à Cuba est une mobilisation politique de masse organisée et contrôlée par la CTC, le seul syndicat autorisé dans le pays, qui fonctionne comme un relais du Parti Communiste.
En éditions précédentes, comme celle de 2025, des représailles contre ceux qui ne participaient pas ont été documentées, y compris la perte de bénéfices et des menaces de licenciement, et l'événement a été critiqué par des journalistes et des religieux comme une démonstration d'obéissance politique, et non un hommage sincère aux travailleurs.
Fernández Louit, qui œuvre depuis 25 ans dans le mouvement syndical cubain et coordonne 15 syndicats comptant plus de 138 000 affiliés à Guantánamo, a reproduit dans sa déclaration le discours officiel de l'appel national, qui appelle à défendre la patrie depuis les champs, les usines, les salles de classe, les centres scientifiques, les centrales thermiques, les hôpitaux, la culture et le sport.
En plein milieu des coupures de courant, de la pénurie et d'une crise économique sans précédent, l'appel officiel à "défendre la souveraineté" contraste avec les difficultés quotidiennes de millions de Cubains. Pour beaucoup, le Premier Mai reste davantage une démonstration de contrôle politique qu'une véritable expression des droits et des revendications des travailleurs.
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