Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé ce mercredi que des navires de guerre américains patrouillent dans le golfe d'Oman pour mettre en œuvre le blocus naval formel imposé contre tous les ports iraniens.
Le blocus a été ordonné par le président Donald Trump par proclamation présidentielle le dimanche 12 avril dernier, à la suite de l'effondrement de près de 20 heures de négociations de paix à Islamabad concernant le programme nucléaire iranien, et a pris effet le lendemain lundi à 10h00, heure de l'Est.
CENTCOM a publié sur le réseau social X un message destiné à tous les capitaines de navires dans la zone : "N'essayez pas de briser le blocus. Les navires seront abordés pour leur interdiction et confiscation s'ils transitent vers ou depuis un port iranien. Faites demi-tour ou préparez-vous à être abordés. Si vous ne respectez pas ce blocus, nous utiliserons la force. Toute la Marine des États-Unis est prête à forcer le respect."
Pour sa part, la Maison Blanche a déclaré que l'opération est "totalement mise en œuvre".
L'amiral Brad Cooper, chef du CENTCOM, a déclaré que moins de 36 heures après la mise en œuvre, les forces américaines ont complètement arrêté le commerce maritime économique d'entrée et de sortie d'Iran par mer.
L'opération implique plus d'une douzaine de navires de guerre, plus de 100 aéronefs et environ 10 000 marins, militaires et aviateurs.
Dans les 48 premières heures, aucun navire n'a réussi à briser le blocus : neuf cargos ont été contraints de faire demi-tour et au moins huit pétroliers ont respecté les directives américaines sans avoir besoin d'intervention.
L'impact économique sur l'Iran est sévère. 90 % de l'économie iranienne dépend du commerce international maritime, selon CENTCOM, et le pays fait face à des pertes estimées à jusqu'à 435 millions de dollars par jour. Le prix du pétrole a grimpé à 104,24 dollars le baril.
Téhéran a menacé d'interrompre les routes commerciales dans le Golfe Arabe, le Golfe d'Oman et la mer Rouge si le blocus persiste, et recherche des ports alternatifs dans le sud du pays pour échapper à l'opération.
Le blocus s'inscrit dans le cadre de l'Opération Furia Épica, une offensive conjointe entre les États-Unis et Israël lancée le 28 février, qui a détruit des installations nucléaires à Natanz, Isfahan et Fordow, plus de 900 objectifs militaires et 158 navires de la marine iranienne.
En parallèle à la pression militaire, Trump a annoncé mercredi un accord diplomatique avec la Chine : le président Xi Jinping s'est engagé, par lettre, à ne pas envoyer d'armes à l'Iran en échange du maintien de l'ouverture du détroit d'Ormuz par les États-Unis, artère par laquelle transite 20 % du pétrole mondial.
"China est très heureuse que le Détroit d'Ormuz soit ouvert en permanence", a déclaré Trump dans une interview avec Fox Business Network.
Les négociations avec l'Iran se poursuivent : Washington exige un moratoire de 20 ans sur l'enrichissement de l'uranium, tandis que Téhéran n'en propose que cinq. Trump a déclaré que la guerre "est proche de se terminer".
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