De La Luna à Cuba : Chequera "découvre" la relation entre l'eau et la force de gravité



Mario Sardiñas (Chequera) "tombe" de la Lune à CubaPhoto © FB/Chequera Vivir del cuento

L'humoriste cubain Mario Sardiñas, le populaire Chequera, a publié un nouveau reel sur Facebook dans lequel il fait semblant de flotter dans l'espace sans gravité, seulement pour être brusquement ramené à la réalité cubaine par un appel urgent : il faut charger de l'eau avant que l'électricité soit coupée.

Dans la vidéo de 38 secondes, le Cheque profite de son escapade cosmique avec son enthousiasme caractéristique : "Oh, que c’est bon, la farándula ! Je flotte. Oh, la gravité est à zéro ! Là en bas, la situation est grave, farándula." Le jeu de mots entre "gravité zéro" et "la situation est grave" résume avec précision ce que vivent des millions de Cubains chaque jour.

Le sketch prend un tournant lorsque Chequera établit une communication avec quelqu'un depuis la Lune, seulement pour entendre une plainte en clé musicale de répartition, qui pourrait venir de n'importe quel quartier de La Havane : "Avec quel droit as-tu fait ça ?" Le Cheque s'éloigne alors du sujet : "Farándula, ce gamin est connu même sur la Lune."

Pour la fin, l'humoriste garde la scène où son compagnon l'interrompt avec la phrase que personne à Cuba ne veut entendre : "Hé, Cheque, compadre, il faut qu'on continue à porter de l'eau, asere. Tout à l'heure, ils vont couper l'électricité." À cet instant, l'aventure spatiale (un simulacre de celle d'Artemis II, de la NASA) se termine. "Oh, ma mère, je suis revenu à la gravité. On 'jette la compote' et on jette l'eau", se lamente Chequera.

Le blague a une logique parfaitement cubaine : la seule façon d'échapper aux coupures de courant et au manque d'eau serait d'aller sur la Lune, mais même là-bas, le repos n'est pas garant. La crise énergétique de longue date qui frappe l'île en 2026 — avec des coupures dépassant 20 heures par jour et des déficits de production allant jusqu'à 1,900 mégawatts— a une conséquence directe sur l'approvisionnement en eau : 87 % de l'approvisionnement en eau du pays dépend du Système Électroénergétique National, comme l'a reconnu le directeur de l'Institut National des Ressources Hydrauliques en mars. Quand l'électricité part, l'eau s'en va.

Ce reel s'ajoute à une série de vidéos virales grâce auxquelles Sardiñas a su maintenir en vie le personnage après l'annulation de "Vivir del Cuento" en 2024, après plus de quinze ans à l'antenne. Le 30 mars, Chequera avait déjà été le protagoniste d'une autre vidéo dans laquelle il "vendait" un interrupteur électrique satirique avec la phrase Tócalo para que veas cómo viene la corriente. Et le 10 avril, un autre reel le montrait annonçant son départ pour la mission "Artemisa II", fuyant les coupures de courant.

Le personnage, un musicien frustré des "Rompetímpanos de Mayarí" connu pour ses tics de langage "Güiro" et "Farándula", est devenu un thermomètre comique de la crise cubaine. Sardiñas, l'un des rares acteurs de la distribution originale à rester à Cuba après l'annulation du programme, utilise l'humour créole pour dépeindre ce que aucun bulletin d'information officiel n'ose montrer avec autant de clarté. La situation est terrible, Farándula.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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