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Le marché informel du carburant à Cuba a atteint des prix prohibitifs au milieu d'une crise énergétique sans précédent depuis une décennie : le litre d'essence oscille entre 3 000 et 6 000 pesos cubains, et une bouteille de gaz domestique peut coûter jusqu'à 50 000 pesos dans les villes, selon ce que documentait ce mardi le programme Food Monitor.
L'organisation indépendante, qui surveille la sécurité alimentaire sur l'île, a alerté sur le réseau social X que la situation énergétique a franchi une étape critique après plus de deux mois sans approvisionnement officiel en pétrole, un fait inédit au cours des dix dernières années.
Cuba n'a pas reçu de pétrole de fournisseurs internationaux de manière officielle depuis plus de deux mois, la première fois en dix ans que ce manque d'approvisionnement dure aussi longtemps.
La crise a été déclenchée par une série de coups simultanés : la capture de Nicolás Maduro le trois janvier 2026 a interrompu les expéditions vénézuéliennes de entre 25 000 et 35 000 barils par jour.
En outre, le Mexique a suspendu ses fournitures le neuf janvier sous la pression de Washington, couvrant 44 % des importations cubaines de pétrole brut; enfin, le président Donald Trump a signé le 29 janvier un décret exécutif qui a imposé un embargo pétrolier supplémentaire sur l'île.
Le pays ne produit en interne que 40 000 barils par jour face à une demande allant de 100 000 à 110 000, ce qui rend le déficit insoutenable sans importations externes.
L'effondrement du gaz liquéfié de pétrole a été particulièrement dévastateur pour la vie domestique.
La distribution a été suspendue indéfiniment à Santiago de Cuba et dans les provinces orientales depuis janvier, avec une présence presque nulle dans les provinces occidentales au début de l'année.
Programme de Surveillance Alimentaire a également averti que la crise du gaz liquéfié s'est étendue à une grande partie du pays, avec des interruptions prolongées et une rétablissement à peine perceptible à La Havane, Artemisa et Mayabeque.
Face à la pénurie de carburant stable, des milliers de foyers ont dû se tourner à nouveau vers le bois, le charbon et d'autres alternatives plus dangereuses et coûteuses pour cuisiner, ce qui reflète une détérioration accélérée des conditions de vie sur l'île.
L'impact va au-delà du domaine domestique. La pénurie de carburant a paralysé des secteurs clés tels que le transport, l'agriculture et la distribution alimentaire, aggravant une crise qui affecte déjà l'accès de base aux produits essentiels et compromet la sécurité alimentaire du pays.
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