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Les Négociations secrètes entre Washington et La Havane ont mis sur la table, pour la première fois depuis des décennies, la possibilité réelle de compensations pour les propriétés que le régime cubain a confisquées après la Révolution de 1959, un conflit historique évalué aujourd'hui à plus de 9 milliards de dollars, a rapporté l'agence AP.
La délégation envoyée par le secrétaire d'État Marco Rubio, qui a atterri à La Havane le 10 avril dans le premier avion du gouvernement américain à fouler le sol de l'île depuis 2016, a explicitement mis sur la table la discussion des compensations pour des biens expropriés à des citoyens américains, selon le Miami Herald.
Derrière les chiffres se cachent des histoires familiales que l'exil traîne depuis plus de six décennies.
Raúl Valdés-Fauli, avocat et ancien maire de Coral Gables, se souvient du jour de novembre 1960 où un agent armé de la révolution a fait irruption dans la Banque Pedroso de sa famille à La Havane, a expulsé son père et son oncle en les traitant de "gusanos" et ne leur a même pas permis d'emporter les photos de famille. La banque appartenait à la famille depuis le XVIe siècle.
La magnitude du problème est énorme. La Commission de Liquidation des Réclamations Étrangères du Département de la Justice des États-Unis a certifié entre 1964 et 1972 environ 5.913 réclamations pour une valeur originale de 1.900 millions de dollars, chiffre qui avec les intérêts accumulés dépasse aujourd'hui les 9.000 millions selon des estimations de Bloomberg.
Les dix plus grandes réclamations —qui incluent Cuban Electric Company, cinq compagnies sucrières, ITT, ExxonMobil et Starwood Hotels— s'élèvent à près de 960 millions de dollars.
À ces chiffres s'ajoutent entre 200 000 et 300 000 réclamations supplémentaires de cubano-américains qui étaient des citoyens cubains au moment des expropriations et qui ne sont pas incluses dans les 5 913 certifiées.
Le cadre légal pour exiger des compensations existe et a déjà produit des décisions de justice à plusieurs millions.
La Loi Helms-Burton de 1996, dont le Titre III a été pleinement activé en 2019, permet de poursuivre en justice des entreprises qui exploitent des biens confisqués à Cuba.
En avril 2025, un jury à Miami a ordonné à Expedia de verser 29,8 millions de dollars au petit-fils des propriétaires de Cayo Coco. En 2023, un tribunal a confirmé une jugement de 2,79 milliards de dollars contre Cuba en faveur de la famille Villoldo.
La Cour Suprême des États-Unis doit également rendre un arrêt définitif sur l'application du Titre III, attendu avant juin 2026, qui pourrait redéfinir la manière dont ces biens sont revendiqués. Des analystes soulignent que le régime cubain a une courte marge de manœuvre pour mettre en œuvre des réformes s'il souhaite progresser dans ces négociations.
Dans le domaine politique, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a été catégorique le 19 mars : "Au minimum, cela doit se produire".
Cependant, des voix de l'exil, citées par Univisión, avertissent que tout ce qui vient du régime doit être examiné avec une énorme dose de scepticisme.
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