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La possibilité que les États-Unis entreprennent une action militaire contre Cuba n'est plus une idée lointaine, mais est devenue un sujet de débat urgent à Washington. Au milieu de cette tension, des sénateurs démocrates poussent une initiative pour freiner le président Donald Trump avant qu'il ne passe à l'étape suivante.
Selon des informations de Reuters, le Sénat votera dans les prochains jours une résolution qui vise à empêcher Trump de lancer toute opération militaire contre Cuba sans l'autorisation du Congrès.
La proposition, dirigée par les sénateurs Tim Kaine, Adam Schiff et le cubano-américain Ruben Gallego, émerge en réponse aux déclarations répétées du dirigeant laissant entendre que l'île pourrait être son prochain objectif.
« Le bruit des sabres du président à l'égard de Cuba indique clairement vers où il se dirige désormais », a averti Schiff en présentant la mesure.
Bien que la date exacte du vote n'ait pas encore été annoncée, elle est attendue avant le 1er mai. Cependant, le paysage politique n'est pas en faveur des démocrates, car les républicains, qui contrôlent les deux chambres, ont bloqué des tentatives similaires par le passé et n'ont montré aucun signe de changement de position.
L'inquiétude ne surgit pas dans le vide. Au cours des derniers mois, Trump a montré qu'il était prêt à agir sans l'approbation du Congrès. Sous sa présidence, des forces américaines ont mené des opérations militaires au Venezuela — y compris la capture de Nicolás Maduro — et ont participé à des actions militaires contre l'Iran, le tout sans une déclaration formelle de guerre.
Dans ce contexte, une phrase du président lui-même a déclenché les alarmes : « Cuba est la prochaine ».
Bien qu'il n'ait pas précisé quel type d'action il envisage, Trump a insisté sur le fait que le gouvernement cubain est au bord de l'effondrement, renforçant ainsi une narration qui allie pression politique, économique et désormais militaire.
Depuis son retour au pouvoir, la politique envers La Havane s'est nettement durcie. La Maison Blanche a mis en place des sanctions visant à isoler énergétiquement l'île, faisant pression sur des pays tiers pour qu'ils ne lui fournissent pas de combustible, ce qui a aggravé la crise interne caractérisée par des coupures de courant, des pénuries et une détérioration des conditions de vie.
Le propre Trump a affirmé que Cuba "va à tomber assez vite" et a même suggéré que les États-Unis pourraient jouer un rôle direct dans ce dénouement. Dans des déclarations récentes, il a évoqué la possibilité de faire "quelque chose très bientôt" avec l'île, sans donner de détails concrets.
En parallèle, il a laissé ouverte la porte à une négociation, en exhortant le gouvernement cubain à "faire un accord", tout en décrivant la situation du pays comme une crise humanitaire.
Un rôle clé dans cette stratégie est joué par le secrétaire d'État Marco Rubio, l'une des voix les plus influentes dans la ligne dure envers Cuba. Rubio a ouvertement défendu la nécessité d'un changement politique sur l'île, affirmant même que Cuba a besoin de "nouvelles personnes aux commandes".
Sa position a été cohérente : pression maximale, sanctions durables et conditions strictes pour tout dialogue. Sous son influence, la politique étrangère américaine envers Cuba s'est alignée sur une vision visant à forcer une transformation du système.
Tout cela se passe alors qu'à l'intérieur de Cuba, la population fait face à l'une des pires crises économiques depuis des décennies, avec des pénuries alimentaires, des coupures d'électricité prolongées et une vague migratoire sans précédent. Pour de nombreux Cubains, toute escalade militaire n'est pas un sujet abstrait, mais une menace directe à leur stabilité déjà fragile.
La résolution qui est actuellement débattue au Sénat ne vise pas seulement à limiter le pouvoir du président, mais aussi à éviter qu'un nouveau conflit n'ouvre un autre chapitre d'incertitude pour une île qui est depuis des années au bord de l'effondrement.
Le dénouement de ce vote pourrait marquer un tournant : contenir Trump ou laisser la porte ouverte à un scénario qui, pour les Cubains, serait aussi imprévisible que dévastateur.
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